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 Je suis Jennifer. Après mon diplôme en poche, je suis partie à Shanghai pour y travailler dans une entreprise française tout en étudiant le chinois.

L'aventure avait commencé le 10 septembre 2006 (je suis maintenant en France) et je vous invite à la vivre avec moi, en parcourant mes articles qui ont pour toile de fond la Perle de l'Orient...

Texte libre

 

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Mes expéditions

Samedi 30 septembre 2006

Ici, il est 00h57, mon train est à 8h20, et je n'ai toujours pas fait mon sac...

Je pars pour 4 jours à Hangzhou, au milieu de la foule de touristes chinois qui profitent de cette semaine de congés nationale pour voir du pays.

Espérons que je n'aurais pas envie de taper du guide branché sur haut-parleur et que je n'aurais pas envie de jeter un touriste dans le grand lac...

Je vous promets de mettre des photos, trop rares sur ce blog. Argentique, quand tu nous tiens.

A bientôt!

Jennifer

Par Jennifer en Chine
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Dimanche 1 octobre 2006

 

Dimanche 1er octobre 2006

 

Malgré une nuit courte, des préparatifs à la dernière minute, l'oeil fatigué, nous parvenons à la gare de Shanghai avec une bonne heure d'avance. Avec la foule prévue pour ce week-end, on n'est jamais trop prudent. Et même si nous avons des places assises, étant novices en matière de trains chinois, il vaut mieux être en avance. Le voyage se passe bien, environ 2h30. Beaucoup voyagent debout. Nous, nous sommes assis en face d'un couple de petit vieux et à côté d'un couple (de jeunes) qui passe son temps à se bécoter.

 

 

 

 

Une fois à Hangzhou, notre première mission est de trouver notre auberge de jeunesse. Pas facile, car nous n'avons pas son nom et sa rue en caractères chinois et nous ne savons pas trop où elle est située dans la ville. Mais nous comptons sur notre bonne fortune et demandons notre chemin aux passants. Tous nous indiquent la même direction, mais jamais nous ne trouverons l'auberge. On est alors persuadé que c'est celle indiquée sur la carte, sur les bords du lac. Hélas, non. Nous demandons alors au personnel de l'AJ de nous aider, d'appeler la notre pour avoir le nom de la rue en chinois. Super ! Nous pensons enfin être sortis d'affaire.

Mais le premier taxi que l'on prend ne connaît pas la rue. Alors dépités et fatigués, nous nous asseyons sur le bord du lac pour méditer sur notre sort et sur une autre solution. Après s'être reposés quelques instants, nous retentons l'expérience taxi qui cette fois-ci fonctionne. Finalement, l'auberge est en ville, mais comme Hangzhou est petite, ce n'est pas trop grave.

Enfin, nous nous installons dans nos chambres, après avoir un peu gueulé de devoir payer des cautions aussi énormes. Mais la fatigue aidant, nous baissons les bras et filons poser nos affaires.

Je me rends compte qu'hors de Shanghai, il vaut quand même mieux savoir baragouiner du chinois, rien que pour tenir tête quand un taxi ne veut pas nous emmener parce qu'il ne connaît pas la rue. Même si ça reste très sommaire, dire : « mais regarde la carte , si tu veux, va dans cette rue plutôt », ça peut vachement aider. Alors on élabore des stratégies différentes : si le lieu est connu, ne dire que le nom du site, si ce n'est pas connu, dire le nom de la plus grande rue qui passe pas loin. Mais plusieurs fois, un taxi nous a pris en ne sachant pas où il allait et pendant la moitié du trajet, il était pendu à son portable pour demander à son informateur le chemin.

Ensuite, nous partons direction le Lac, attraction principale d'Hangzhou. Nous décidons d'en faire le tour, ou du moins une partie. Tout au long de notre balade, la foule est omniprésente. Semaine de congés nationale, nous étions prévenus. Mais nous découvrons que nous sommes l'autre attraction : des Chinois nous dévisagent, nous sourient, nous saluent et nous prennent en photo, plus ou moins discrètement. Certains courent quelques mètres devant nous, au risque de tomber dans l'eau, pour prendre un cliché, d'autres nous demandent carrément de poser avec eux.

Tout autour du lac se succèdent pavillons, petits ponts et boutiques à souvenirs. C'est vrai que c'est bien joli, mais on se dit tous deux que ce serait bien mieux avec moins de monde, de vélos à éviter ou de minibus dont la musique nous assourdissent.

Après cette bonne balade, nous décidons de rentrer à l'hôtel pour récupérer et passer une bonne nuit. Le lac est énorme est nous n'en avons fait qu'une partie.

Le soir, nous nous organisons pour le lendemain un parcours plus éloigné du lac, pour éviter un peu la foule.

 

 

 

Lundi 2 octobre 2006

 

Nous partons de l'auberge de bonne heure. Comme les Chinois, nous prenons notre petit déjeuner (baozi à la viande et galettes), assis dans la rue. On les achète dans la rue et on se trouve des marches confortables pour manger. Des occidentaux qui mangent par terre, encore une belle attraction.

Aujourd'hui, nous allons à la Pagode des Six Harmonies, tout au sud d'Hangzhou. Avant de monter dans la pagode, nous profitons du parc  et de la forêt alentours pour profiter du calme et de la verdure.

Après quelques enjambées, nous tombons sur des séries de petites pagodes, pas plus hautes que quelques mètres. Au début, nous trouvons ça plutôt joli, ces espèces de pagodes parsemées dans les bois. Mais en lisant les écriteaux, nous nous rendons compte que nous sommes en fait dans ce qu'appellera Bilou le « disneyland de la pagode ». En fait, ce sont des reproductions des principales pagodes de Chine. Au final c'est plutôt rigolo, et ça nous a permis de faire une bonne balade tranquille, au calme, au milieu des arbres et de la verdure.

Nous montons ensuite dans la pagode. Il n'y a pas grand chose à voir à l'intérieur mais elle offre une vue sur l'admirable premier pont ferroviaire de Chine, fierté d'Hangzhou, et sur les collines.

Nous allons ensuite au Hupaomeng Quan, la « source creusée par le tigre », l'eau la plus pure de la région. Une occasion de se promener un peu comme en forêt. Tout est relatif bien sûr quand on est sur un site touristique chinois, mais quand les bois compiègnois vous manquent, le moindre endroit ressemblant à une forêt vous enchante ! Nous visitons quelques pavillons et tombons sur une grande salle, avec terrasse, où nous voyons des gens discuter, déjeuner à des tables. Les baozi et galettes de ce matin étant digérés depuis longtemps, nous commandons notre soupe et notre assiette de riz agrémenté de morceaux d'omelette. Nous resterons ici un petit moment, profitant de cet endroit paisible pour se reposer.

Requinqués, nous partons en direction du temple Lingyinsi, le temple de la retraite des âmes, ou de la solitude, cela dépend du guide. Le temple se trouve sur le site du Feilaifeng, « pic venu en volant ». C'est un ensemble de grottes et de roches sur lesquelles sont sculptés des motifs bouddhiques. Il y a beaucoup de monde et il parfois difficile de naviguer. Nous grimpons plus haut et montons sur la colline, espérant découvrir une superbe vue. Une fois là haut, une buvette, et quelques touristes qui jettent leurs détritus par terre. Bilou, véritable bouquetin, cherchera d'autres endroits plus difficiles à atteindre pour jouir d'une vue unique. N'étant pas un as de l'escalade et une rageuse ampoule faisant son apparition sur mon talon gauche, je préfère descendre tranquillement et l'attendre en bas.

Retour dans la foule, direction le fameux temple de la solitude des âmes retraitées (on a fait un mix de nos deux guides). Un pavillon avec les fameux quatre gardiens, bouddha sous plusieurs formes, maitreya, sakyamuni...Une salle avec 500 arhats dont on essaie de deviner l'expression faciale de chacun, un sakyamuni de 20 mètres de haut etc. Quand la fatigue se fait sentir, nous trouvons toujours un endroit un peu à l'écart, d'où nous pouvons regarder les gens sans trop être vus.

Nous rentrons vers le centre-ville par le bus. Dans celui- ci, nous rencontrons un Allemand qui a mal compris le « geology » de Bilou et croit qu'il fait de la theology. Du coup, il nous parle de Jésus. Bilou insiste sur le « geology », l'Allemand comprend enfin mais préfère nous parler de la Bible et de sa foi que du climat méditerranéen d'il y a 30 000 ans. Nous aussi nous trouverons un jour un sens à la vie. Soulagés d'apprendre cette grande nouvelle, nous descendons du bus en direction d'un bon restaurant pour remplir nos estomacs affamés. Des concombres pimentés, du poisson et du boeuf.

Nous resterons jusqu'à la fermeture, savourant ces bons moments où l'on reste à table longtemps après le repas pour terminer cette longue journée.

 

 

 

Mardi 03 octobre 2006

 

Aujourd'hui, nous ne résistons pas à faire nos bons touristes chinois et nous décidons de prendre le bateau pour aller faire un tour sur les quelques îles au centre du lac. La première sur laquelle nous allons m'abrutit avec toute cette foule. L'île n'est vraiment pas grande et j'ai l'impression que l'on se marche les uns sur les autres. Les seuls regards échangés avec Bilou sont ceux de l'agacement et du désespoir. Déguisements pour les photos, boutiques à souvenirs, je me demande bien ce qu'il y a à voir d'authentique sur cette île. La vue peut-être. Les jouets, les sifflets des gamins qui font du bruit jusqu'à épuisement m'agressent et me poussent à partir. Vite, nous trouvons le bateau pour aller sur une autre île, plus grande. Mais même histoire, beaucoup de monde partout. L'île est plus étendue et offre quelques endroits un peu plus tranquilles. Nous en profitons pour nous assoir au bord de l'eau, à regarder, abrutis, les Chinois au loin ou les bestioles qui flottent sur l'eau.

Bilou : «  Au ciel, il y a le paradis, sur terre il y a Hangzhou, ouai bah j'en suis pas si sûr ! C'est plutôt l'enfer ici ! ». Soupir. « Bah, ça aurait pu être pire, il aurait pu pleuvoir!»

Nous essayons de relativiser car les lieux sont quand même très beaux et nous mettons notre malheur sur le compte de cette semaine de congés pendant laquelle tous les Chinois font du tourisme. Oui, je sais, on était prévenu, mais bon !

Nous reprenons le bateau pour regagner les bords du lac. Nous mangeons sur une terrasse du riz avec de la viande et des légumes. Encore une fois, nous profitons de ces moments de répit.

Nous nous rendons ensuite à une pagode dont on s'étonne de ne la trouver dans aucun guide. Pourtant, elle est située sur une petite colline et on la voit de n'importe où depuis le lac. Quand nous arrivons sur les lieux, nous comprenons enfin. La pagode a été entièrement reconstruite et a été inaugurée en 2002. Pour le coup, ils ont mis les moyens : escalators et ascenseurs dans la pagode. Quelque chose de bien toutefois : sous la pagode, on peut voir les ruines de l'ancienne.

Nous prenons l'ascenseur pour aller au dernier étage. Intérêt majeur, une superbe vue sur le lac. Nous redescendons les étages à pied et nous sommes consternés par la décoration. Autant ne rien mettre. Des peintures moches qui rappellent la construction de la pagode, des moulages dorés, des bas- reliefs représentant le panorama depuis la pagode. Encore une fois nous trouvons refuge sur une terrasse, en bas de la pagode, un peu à l'écart, au calme. Il n'est pas 15h et nous sommes déjà fatigués. Piétiner et le bruit incessant nous épuisent. Pour ma part, je prends le coup du retard de sommeil accumulé depuis mon arrivée à Shanghai. Malgré de meilleures nuits, la récupération est plus longue que prévue. Mais courageux, nous décidons tout de même de remonter la digue le long du lac pour profiter de la lumière de la fin d'après-midi. J'ai mal à mon talon et j'ai l'impression de marcher les yeux fermés. Mais il faut rester aux aguets pour surveiller vélos et minibus qui aiment frôler les piétons.

Au bout de la digue, nous reprenons le même bus qu'hier. Il nous dépose au centre-ville et nous ferons le chemin jusqu'à l'auberge à pied. Une fois arrivée, je crois bien que plus jamais je ne pourrais ressortir, mais après une bonne douche (j'ai enfin réussi à faire fonctionner l'eau chaude) et une sieste de quelques minutes, je suis d'attaque pour voir Hangzhou de nuit. Nous nous rendons dans une rue très touristique, où foisonnent boutiques et restaurants en tout genre. L'ambiance me ravit et me donne du courage. Nous mangeons des concombres de mauvaise qualité, mais le poisson mandarin est excellent et les boulettes de porc calent mon estomac. A la fin du repas, je dors debout. Nous repensons à l'île de l'enfer de ce matin, et la fatigue aidant, nous éclatons de rire devant le burlesque de la situation, quand nous repensons à nos têtes énervées et désespérées.

Après le restaurant, nous longeons la rue en quête de cadeaux débiles en tout genre. Les fréquentes odeurs de tofu grillés me soulèvent le coeur. J'achète un joli sac à main et quelques bracelets. Le temps passe assez vite et nous partons quand les magasins ferment, vers 22h30.  La ville est enfin calme et c'est un plaisir de fermer les yeux, le nez au vent, pour goûter la douceur de cette soirée, installée au fond du taxi.

 

 

 

Mercredi 4 octobre 2006

 

Pour notre dernière matinée, nous voulions aller visiter la mosquée d'Hangzhou. Nous avons réussi à nous rendre dans les environs, mais la mosquée se trouvant en haut d'une colline, nous n'avons pas trouvé le sentier pour nous y rendre. Le taxi, qui a nous déposé sur l'axe principal, désolé de ne pas savoir nous emmener à la mosquée, nous a offert le trajet. Du jamais vu ! Nous avons demandé notre chemin à plusieurs personnes, un guide touristique, un policier, des touristes, mais on ne nous indiquait jamais la même direction. Si nous avions eu du temps devant nous, nous nous serions aventurés dans les bois. Dommage, ça m'aurait bien plu cette petite balade sur la colline...Le temps était encore frais, le ciel bleu et le soleil nous réchauffait doucement. La meilleur journée depuis notre arrivée. Alors nous avons remonté la rue qui débouchait sur une partie du lac que nous ne connaissions pas. Pour parfaire notre panoplie de touristes chinois, nous avons loué un petit bateau à moteur pour se balader à deux sur le lac. Un moment calme et sympathique mais on s'ennuie vite. Nous avons terminé notre matinée en se baladant dans les parcs alentours, avant de se rendre à la gare pour prendre notre train pour Shanghai.

 

Pour terminer ce carnet, quelques photos en vrac...

 

 

 

 

 

 

   

Par Jennifer en Chine
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Jeudi 5 octobre 2006

Me voilà de retour d'Hangzhou, le paradis sur terre à ce qu'on dit? Attendez de lire le récit de "Bilou et Jen à Hangzhou".Bon, OK, nous sommes partis pendant la semaine de congés nationale, nous savions à quoi nous attendre...Néanmoins, nous relativisons et l'endroit est quand même bien sympathique.

J'attends de terminer une pellicule et je développe mes photos le plus vite possible. Je pense que le récit sera en ligne ce week-end.

Maintenant, welcome to the real world...Cette petite parenthèse m'a fait beaucoup de bien car j'avais l'impression de ne faire que courir depuis mon arrivée ici. Même si ce n'était pas des vacances reposantes, marcher en ne pensant à rien ou juste en regardant l'eau du lac, ça aide quand même à faire le vide pendant quelques jours. Je pense devenir une future adepte de la marche. Je n'ai jamais vraiment eu de problèmes pour marcher longtemps (je pouvais traverser Paris de long en large, comme ça, juste pour le plaisir et j'évite les transports quand je visite Shanghai) et j'ai une assez bonne résistance à la douleur. Même si ça reste léger et que je n'ai encore jamais vraiment fait ce qu'on appelle de la vraie marche (je ne sais pas ce que c'est une étape de 30 km), mes rencontres, mes lectures de ces derniers mois m'invitent à découvrir cet univers. Je pense avoir les moyens, quand je me compare à d'autres qui traînent des pieds au bout de quelques centaines de mètres. Et puis l'envie est là, et c'est l'essentiel.

Par Jennifer en Chine
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Dimanche 8 octobre 2006

Un samedi après- midi, vers 16h, le ciel est tout bleu, la lumière commence à descendre. Quelques clichés dans tous les sens du terme...Allez hop hop, suivez moi!

 

Construit en 1907, le petit pont métallique Waibadu, à deux pas du Bund, qui offre une vue sur Pudong, est bien mignon... et romantique, pourquoi pas?

A l'entrée du pont Waibadu, vue sur le consulat russe, le seul consulat qui n'avait pas fermé à l'arrivée au pouvoir des communistes chinois en 1949. Transformé en 1960 en club de marins, il reprit ses fonctions en 1987. Si vous collez votre nez sur votre écran, vous pouvez voir le drapeau russe flotter. Derrière, la perle de l'orient et la Jin Mao, trop belle la Jin Mao....Je vais faire une série sur la Jin Mao. Arrivée sur le Bund, de Pudong, je fais la même photo que la dernière fois que je suis venue à Shanghai, en avril dernier. Mais cette fois, avec ce beau ciel bleu et cette belle lumière, il y a des couleurs, alors qu'en avril, ma photo était tristounette, puisque c'était quelques minutes avant un violent orage dont mes chaussettes se souviennent encore....

Je me retourne, et je prends en photo les vieux immeubles du début du siècle de la ZhongShan DongYiLu...

Je continue sur la Nanjing Donglu, très mauvaise idée quand on est un samedi après-midi, car c'est encore pire que la rue de Béthune à Lille (si si si!). Direction People Square.

Ma tour à moi, l'hôtel Marriott je crois, avec les nuages qui commencent à devenir roses...

Et une église, qu'on aperçoit depuis People Square, timide au milieu des buildings:

Ahhh...quelle jolie balade, une petite heure depuis chez moi....Pour y arriver, je passe par là par exemple:

et par là...

Des rues plus calmes, où chaque boutique représente un métier, du dépanneur de tuyau au scieur de bois...

Une sympathique balade à faire tôt le matin la prochaine fois....

Ce bleu, ce ciel, cette lumière...

Par Jennifer en Chine
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Samedi 28 octobre 2006

 

Partir sur une île, n'importe laquelle, voila l'idée de départ.

Sur le forum francophone "Bonjour Shanghai", je suis tombée sur l'article d'un type qui était parti deux jours sur l'île Sheng Si, au sud-est de Shanghai. Il disait qu'il n'y avait rien à faire à part se balader sur la côte, sur la plage et manger du poisson.

Parfait!

Je lui réponds en lui demandant des précisions, un contact pour acheter les billets et s'il a un bon plan pour dormir.

J'apprends au passage que pour atteindre l'île, il faut faire une escale sur le port off-shore de Shanghai, en passant par le plus long pont du monde (35 km). Rien que pour ça, ça vaut le détour. Une autoroute flottante.

Pendant la semaine, je vends le concept pour trouver une ou deux personnes pour venir avec moi. Un peu trop même et j'ai bien peur de retrouver la moitié de l'université là- bas, car même ceux à qui je n'ai rien proposé veulent s'incruster...

Mais ouf! La météo annonce de la pluie pour le week-end, ce qui démotive les gens...même ceux qui devaient partir avec moi... A une heure de monter dans le bus, nous étions encore 3 à partir, 10 minutes avant le départ nous sommes finalement 5.

J'ai eu les tickets la veille du départ (un vendredi à 12h30), par l'intermédiaire de Wang, un type qui bosse dans une agence de voyage. Nous aurons des contacts téléphoniques en "Chinglish" et il viendra en scooter sur le parking de ma boite m'apporter les billets. Il m'écrit toutes les informations dont  j'ai besoin, notamment le lieu du départ du bus, en chinois, pour le taxi. Pendant quil m'écrit tout ca, il est 17h30, il fait nuit et des petites gouttes tombent. Je repense à mes étés sur la Manche ou la Mer du Nord et je me dis que j'adore la plage quand il pleut...L'appel de l'infini tout ça, tout ça...Ouai allez, motivée.

Le Vendredi, le jour du départ.

Pour aller sur l'île, il faut donc prendre un bus dans une gare routière près du pont NanPu, au Sud de Shanghai, côté Puxi. Il faut environ 1h30 de bus pour atteindre le port off-shore. Pour y aller, nous traversons Pudong et passons donc sur le fameux pont et c'est vrai que c'est impressionnant. Les Chinois dans le bus sont étrangement calmes et s?'excitent (comme moi) dès que nous arrivons sur le pont. Les bateaux peuvent passer à quelques endroits (2 ou 3) sous le pont. L'eau est marron, calme, le ciel est bleu, on apercoit quelques embarquations ici ou là.

Une fois sur le port, nous sommes déçus par le manque d'activité. Quelques grues gigantesques promènent des conteneurs. Je crois qu'il n'est pas encore vraiment ouvert ce port.

Hop! Nous montons dans le bateau. Expérience traumatisante. Je croyais maîtriser mais en fait pas du tout. Marc, ce marin, adore que le bateau se soulève en faisant claquer les vagues sur la coque alors je l'accompagne, debout, appréciant la vitesse de l'engin.

Mais je trouve que sentir mon estomac monter et descendre si rapidement n'est pas vraiment agréable et au bout d'un quart d'heure, je me rassois et j'essaie tant bien que mal d'adopter une position qui m'empêchera de redire bonjour à mes baozi du déjeuner...

Je ferme les yeux, j'essaie de penser à autre chose, quelque chose qui n'a rien à voir avec la mer, la houle, les montagnes russes...

Mais en fait, il y a encore pire que ça: c'est quand le bateau ralentit; Là, j'ai dit aux autres de m'attendre dehors, il fallait que je retrouve mes esprits...

L'estomac à sa place et fière de n'avoir pas eu à tester les sacs plastiques du bateau, nous sommes enfin sur Sheng Si, après 3 heures de voyage.

Le vent et l'air marin nous fouettent le visage dans tous les sens du terme.

Nouvelle mission: Appeler He, un type qui apparemment  a une maison excentrée de la ville et qui loue des chambres. Gaelle l'appelle, nous montons dans un taxi et nous filons chez He, à 5 dans le taxi, à 4 derrière donc. On n'a pas trop le droit, mais tant que le taxi accepte...

Nous traversons la ville et nous arrivons à la campagne, où se trouve la maison de He. Pour l'atteindre, il nous faut escalader des gravas, longer une ruelle, tourner à droite. Nous nous attendions à quelque chose de "spartiate" (le mot utilisé par le type de "Bonjour Shanghai") et nous fûmes très contents! Chambres de 2 à 3 lits. Gaelle et Marc dormiront ensemble, moi je partage une chambre avec Jessica et Jerôme. Et ça n'a rien de spartiate! Lits confortables, douche chaude qui marche super bien, une chasse d'eau qui fonctionne à merveille, c'est parfait. Et ce, pour 4 euros la nuit.

De plus, He a l'air d'un type super sympa . Il nous achetera nos billets retour, nous fournira une carte de l'île, et regardera Peter Pan avec nous le dimanche matin. Il nous propose de faire à manger, pour 2 euros par personne. Nous acceptons, pour le samedi soir.

Donc, après notre arrivée chez He, nous retournons nous balader en ville. Nous verrons une petite ville qui a des airs de future grosse station balnéaire dans laquelle on met les moyens: Résidences en constructions à gogo, plages entretenues et payantes, concours de chateaux de sable.

Nous allons dans un grand marché couvert, où à l'odeur, on vend surtout du poisson, mais pas seulement: Viandes, légumes, fruits...Certains font leurs devoirs au milieu des étales.

Il est 18h00 et nous ne savons plus quoi faire à part trainer dans les rues et voir si les gens sont différents de Shanghai. Comme ce que j'avais vu à HangZhou, on nous regarde avec des gros yeux ou en nous interpellant de l'autre côté de la rue d'un "RRRELLO!!!"

Nous sommes probablement les seuls étrangers de l'île.

A 18h30, on se décide finalement à vivre à la chinoise et nous allons dans un restaurant pour goûter euh... pour diner. On sent déjà que les soirées vont être longues ici. Alors nous achetons un jeu de cartes sur le chemin et un paquet de cacahuètes pour jouer au poker dans nos chambres. Quand nous rentrons, He est déjà allongé sur le canapé du salon et regarde la télé.

A coup de brelans et de carrés, nous arrivons à tenir le coup jusqu'à 23h, un exploit, d'autant plus que nous sommes plutôt fatigués.

Samedi: la longue marche

Nous partons en fin de matinée pour découvrir une plage, gratuite celle ci. Il ne pleut toujours pas, c'est super! Enfin, j'ai l'impression d'être dans la vraie Chine, des routes où on croise un scooter ou une voiture tous les quarts d'heure.

La plage est plutôt jolie, et la petite marée basse a laissé trainer des souvenirs de pêcheurs: bouteilles, sacs en plastique, une chaussure. Habituée des plages du Nord, ça ne me choque pas trop.

Ensuite, nous continuons sur la route pour faire le tour de l'île, enfin une partie. Nous passerons dans les villages. Dans le premier, j'ai vraiment l'impression de ne pas être la bienvenue . Même les poules et les canards qui trainent dans la rue nous ignorent. Nous continuons ainsi sur une bonne dizaine de km, de routes désertes en villages tristounets. Le métier de pêcheurs est prédominant et partout les gens tissent des filets.

Entre deux villages, je parle avec Jessica et d'un seul coup, je vois mes 4 copains faire un bond de côté en faisant une grimace horrible. Jessica met son pull sur sa tête. Moi, comme d'habitude, je ne capte rien. Je tourne la tête la où ils regardent et je vois un type tenant à bout de bras un chien mort. Il l'accroche à son bateau puis aiguise la lame de son couteau sur une pierre.

Bizarrement, je dois vraiment me chinoiser, car ça ne m'a rien fait du tout...Je suis devenue insensible, un vrai coeur de pierre.

Nous continuons encore quelques km, mais nous n'étions pas tous équipés, chaussement parlant, pour marcher longtemps, alors nous décidons de choper le prochain taxi qui passe. Hélas je crois bien que le village que nous avons quitté quelques km plus tôt soit le dernier de ce côté de la côte, et notre horizon est le port, au loin, et nous savons qu'il est complétement excentré de toute habitation. Alors nous continuons à marcher. Nous voyons ce type, qui balaie la route.  Partout en Chine, j'ai l'impression qu'on peut trouver un type qui balaie la route, même la où personne ne passe...

Un taxi qui arrive!!! Mais elle ne veut pas nous prendre car nous sommes 5 et elle risque d'avoir une amende...

Alors nous continuons à marcher.

Marc couine de la tong, la situation devient critique.

Le même taxi repasse. Cette fois-ci, elle nous embarque mais nous dit qu'elle passera par des petites routes pour éviter les policiers.

Une fois en ville, vers 17h, je me régale d'un bol de nouilles. Je m'en lasserais jamais je crois. Encore une fois, nous trainons, puis nous rentrons pour manger le bon repas (on l'espère) que He nous a preparé. Quand on arrive, il est encore aux fourneaux. On est bluffé par le repas: du poisson super bon, des coquillages, toutes sortes de légumes, des oeufs...Bref, je vous conseille la cuisine de Monsieur He.

Le soir, il nous regarde jouer au poker. En cadeau, le doigt de Marc sur la photo...

Pendant les 2 jours, je m'exerce à choper l'accent de Sheng Si. He comprend mes questions et j'ai du mal à comprendre ses réponses. Mais c'est déjà ça.

 

"Tu es né à Sheng Si?"

"Tu es déjà allé à Shanghai?"

"Ah! Ton fils étudie la bas!"

"Cette semaine, nous avons vu un film francais à la télé"

"Je suis arrivée à Shanghai en septembre, j'étudie le chinois et je travaille dans une enteprise francaise"

"Tu cuisines très bien!"

"Nan, Peter Pan, c'est pas un film francais"

Enfin voila, rudimentaires quoi.

Le Dimanche, farniente.

Dimanche matin, un pote à lui était là, et du coup j'ai pu reposer les mêmes questions en essayant de saisir les siennes.

"Oui je suis ici pour un an"

"Non, ce n'est pas mon copain, il a une copine et elle est en haut pour l'instant."

Il fait vraiment beau et comme nous partons à 14h, nous nous contentons d'aller sur la plage juste en face, payante (1 euro). Nous serons seuls pendant un bon bout de temps. Il fait tellement beau que j'ai même chopé des couleurs.

Enfin, nous partons, nous saluons Monsieur He, je lui dit qu'une fois à Shanghai, je dirais à tous mes amis de venir dormir chez lui, car c'est très bien, propre, calme, on mange bien et c'est pas cher.

Cette fois-ci, nous passons sous le pont et non dessus, et nous atteignons directement Shanghai. De là, un bus nous rammène au pont Nanpu et c'est bien crevée que je rentre de ce week-end vraiment dépaysant, loin de la cohue shanghaienne.

 

Par Jennifer en Chine
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Mardi 12 décembre 2006

Il y a une dizaine de jours, un samedi soir, en compagnie de quelques potes, je suis allee voir ce que le rock shanghaien underground a dans le ventre. Enfin, underground, c'est relatif. Ici, le rock est tres mal vu, juge subversif par les autorites et depuis plusieurs mois, les bars produisant des groupes de rocks ferment petit a petit... Alors underground ici, ca reste quand meme tres gentil.

Le rendez- vous a lieu a la sortie du metro Longcao lu, tout au sud- ouest de Shanghai. Hugo, l'initiateur de cette viree, nous emmene dans des rues sombres. "On reconnait l'endroit grace a la petite lumiere rouge a l'exterieur."

Sur les murs, nous constatons qu'en effet, nous approchons du Shanghai anti- consumeriste:

Quand nous entrons dans l'endroit, on dirait un ancien petit entrepot, redecore a la sauce rock a coups de posters et de photos d'idoles.

Le concert a deja commence. Se succederont 4 groupes. L'un sera plus oriente ska et c'est meme un laowai post-pubere qui chante. Pas fan. Mais les autres etaient bien sympas, ca change vraiment de ce qu'on entend d'habitude. L'un d'entre eux fera un des titres de Radiohead du tres rock Pablo Honey.

Autour de nous, des jeunes Chinois super lookes, qui sirotent de la Tsing Tao. Certains sautillent au rythme de la musique, d'autres sont affales sur les canapes. Mais l'engouement n'est aussi important que je l'aurais espere...Je pensais que la revolution se preparait derriere les murs...

Le ska ne leur parle pas du tout et la salle se vide un peu a ce moment la. Mais nous on aime bien, les groupes sont sympas a ecouter et l'endroit vraiment atypique. On reviendra. Merci Philippe pour les photos.

Par Jennifer en Chine
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Jeudi 21 décembre 2006

Dimanche dernier, un froid de canard laqué, mais un ciel bleu, vierge de tout nuage. Des coups de fils, des textos: " Un temps parfait pour aller en haut de la Jin Mao?"

Nous y allons vers 16h, 16h30, pour voir le soleil se coucher.

Apres etre monte jusqu'au 87eme etage, impossible d'aller au 88eme, le dernier etage.

"Ah non, ici c'est le bar, pour aller au 88eme, il faut redescendre au 1er et prendre un ticket."

Vous montez alors les 88 etages d'un seul coup, de quoi vous faire deboucher vos oreilles plusieurs fois. Une fois la haut:

"Alors il est ou notre appart?", " L'immeuble d'ou saute Tom Cruise dans Mission Impossible, c'est lequel?"

De la haut, on devine le bordel monstre de Puxi. On se retourne, et on decouvre les alignements de petits immeubles des nouveaux quartiers de Pudong. On remarque tous les trous aussi, des fondations de nouveaux immeubles.

A 200 metres en face, on voit la nouvelle tour en construction (photo), le World Financial Center, qu'on appelle tous ici le decapsuleur. On peut rester de longues minutes a regarder cette tour.

" Mais comment ils arrivent a faire des trucs comme ca? ", "Et tu imagines, pour monter les 3 grues, petit a petit?", " Regarde, il y a un ascenseur qui descend", " T'as vu le mec la bas, il est 400 metres de hauteur, sur une plateforme minuscule.", "Bon, on se prend un cafe?"

Par Jennifer en Chine
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Vendredi 22 décembre 2006

Le Sculpture Space de Shanghai (570 Huaihai lu) organise en ce moment une exposition d'oeuvres de Rodin.

Toujours avide d'activites en tous genres, melangeant en un week-end le punk underground shanghaien et notre cher Auguste, c'est avec plaisir que j'ai accompagne  Helene a cette expo. Avec nous, deux acolytes egalement ferus de decouvertes du Shanghai culturel, Donatien et Hugo. Hugo est le leader de notre mouvement " Allons dans les entrepots de Shanghai ecouter du rock subversif".

Ensemble, nous vimes une trentaine de sculptures de Rodin, et nous avons pu admirer le fameux torse et la chute de rein troublante d'Adele, celebre modele du sculpteur, dans toutes les positions. Et puis, les oeuvres parmies les plus connues de l'artiste comme le baiser, le penseur, des sculptures inspires par un jeune belge de 22 ans, beau comme Antinous, Iris le messager des dieux, les Danaides...

Aussi interessant, les dessins, le plus souvent realises a l'encre. Des ebauches, des croquis, des etudes. Nos acolytes nous feront remarquer les nombreuses fautes d'orthographe de Rodin dans ses notes sur ses croquis...Tsss

Et pour les amateurs de sieste, une video sur la vie de l'artiste. Nan, je plaisante, mais les films ou quand la voix dit: " Et soudain, Rodin entre dans une periode tourmentee de sa vie" et qu' on voit alors un plan a la 1ere personne, comme si on marchait au milieu d'une foret sombre, avec une musique bien pompeuse...arf

Bon j'avoue je n'ai pas regarde grand chose du film, je me suis dit qu'il y avait bien des moyens plus interessants de decouvrir sa biographie.

Tarif avec la carte etudiant: 5 kuai, 20 kuai a plein tarif.

Patrick de Carolis, si tu lis ces lignes...Elles sont a toi.

Par Jennifer en Chine
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Mardi 26 décembre 2006

Retour dans le sud de Shanghai, pour écouter, cette fois- ci, du punk.

Les laowai font recette, et maintenant, l'entrée est payante...30 kuai.

Rapides clichés de l'ambiance du concert, cette fois- ci plus animé que la dernière fois.

Quelques jeunes bien habillés et blasés, affalés dans les canapés. Les amateurs de rock, ça boude. Mais c'est branché.

J'ai préféré photographier son sourire, plutôt que sa jupe à carreaux et ses collants noirs...

Les monsieurs qui s'occupent du son.

Le week-end dernier, nous sommes allés au 4 Live, pour changer de destination et de style musical. Nous sommes déçus par le 1er groupe, qui semble plus se soucier de leur style vestimentaire que de la qualité du son.

Et puis le deuxième groupe: SUPER. Un son génial qui donnait envie de danser, de sauter dans tous les sens. Les premiers titres, on ne les connaissait pas, et j'ai pu admirer la façon de s'éclater en concert pour les Chinois. Ils se répartissent dans la salle et dansent tous pareil, comme dans un cours de Tai Chi. En plus, pas en rythme.

Mais soudain, le groupe fait des reprises, REM, U2, Coldplay...Alors attirés par ce son bien sympa et bien joué, on s'est retrouvé devant la scène, heureux de ce qu'on nous mettait dans les oreilles.

On se retourne, plus un seul Chinois qui se trémousse. Ils ne connaissent sûrement pas.

"Soooometiiiiiimes.....Every bodyyyyyyy huuuuuuurts!!!!"

Par Jennifer en Chine
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Lundi 8 janvier 2007

Samedi dernier, je suis allee dans une galerie assez...unique...

Ma copine LN et moi-meme voulions faire une expo, gratuite de preference, pour agrementer notre samedi apres- midi. En fouinant sur internet, elle tombe sur une expo de publicites de Shanghai des annees 30. Parfait!

Apres un dejeuner dans une cantine ou des photos et des peintures de Mao decoraient tous les murs, nous partimes a la recherche de cette galerie.

LN a l'adresse, elle hesite, une fois, deux fois, non, c'est ici, nous entrons dans la cour d'un immeuble. Elle verifie son papier. Oui, c'est bien la bonne adresse.

Nous montons les escaliers de cet immeuble peu rejouissant. Deux etages plus haut, nous tombons sur une porte, avec ecrit "Unique Hill Gallery" au feutre sur un papier colle a la porte.

Ok, "l'exposition" a donc lieu dans un appartement. On sonne et une dame nous ouvre la porte. Elle nous dit deux mots et disparait. Elle appelle la star, l'artiste, monsieur Hill.

Nous rigolons quand on voit que cette expo sur les pub de Shanghai dans les annees 30 tient en 3 pieces grandes comme ma chambre (c'est-a-dire petites). Nous nous attendions a autre chose, mais finalement ca a son charme.

Dans les 2/3 pieces principales s'amoncellent toutes sortes de peintures, photos, documents, objets, certains vraiment insolites et vont au dela du theme de la publicite.

Des photos de Shanghai, plus ou moins anciennes, des peintures d'artistes contemporains, des publicites Coca Cola, Banania, Camel...

Une piece un peu a part, qui est chouchoutee par notre ami Hill qui nous tourne autour, rassemble sur un mur des dizaines de publicites en tous genres.

Sur l'autre mur, des photos de Shanghai. Il s'est amuse a trouver des photos prises au meme endroit pour pouvoir comparer l'architecture qui change avec le temps.

Je suis decue par Hill qui n'est pas tres bavard. Un type qui accumule des choses comme ca doit avoir des histoires a raconter sur chaque objet, mais il parle peu, a part pour nous dire de ne pas toucher ou de ne pas prendre de photos. Bon, il devait bien aimer ma tete, car j'etais la seule a etre autorisee a en prendre. " But no for commercial use!". "没问题,Hill." (Pas de probleme, Robert)

Au final, j'ai donc plutot l'impression d'etre dans un magasin...Pas tres interessant. Mais pas mal de choses valent le coup d'oeil et je me serais bien laissee tenter par une ou deux publicites ou par le jeu de carte representant les aventures de Mao...Ca interesse quelqu'un de jouer au poker avec des paysans revolutionnaires en guise de Joker? ou encore un exemplaire du livre rouge edition 1966? :-D

Par Jennifer en Chine
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