Mon carnet de Chine

 珍妮弗在中国:上海 !

 

Mercredi 16 août 2006

Le Premier Ministre japonais, Junichiro Koizumi, s'est rendu une fois de plus au sanctuaire Yasukuni, où reposent, entre autres soldats nippons, des criminels de guerre. Cette sixième visite alimente les tensions régionales, entre le Japon, la Chine et la Corée du Sud, mais c'est aussi une occasion de se pencher sur l'histoire et la culture communes de cette région de l'Asie.

Je vous propose des extraits d'un article intéressant d'un journal japonais, le Nihon Keizai Shimbun ( journal économique du Japon), paru dans Courrier International, qui apporte un regard intéressant sur les relations  et les échanges culturels séculaires entre ces trois pays.

 

Les recherches comparatives sur les civilisations et les cultures de l’Asie orientale – dont font partie le Japon, la Chine et la Corée du Sud – se portent bien. Elles mettent en évidence, grâce aux échanges entre les chercheurs, des similitudes et des différences. Elles favorisent aussi la compréhension mutuelle. S’il existe des fossés profonds entre ces différents pays sur le plan politique, comme l’ont montré les récentes manifestations antijaponaises en Chine, les contacts dans le domaine culturel restent très fructueux.
[...]
Des chercheurs japonais et sud-coréens ont pu assister aux entretiens entre M. Yamaori (directeur du Centre de recherches internationales sur la culture japonaise) et M. Yi (l’ancien ministre de la Culture sud-coréen) lors d’un symposium international qui s’est tenu à Séoul en février dernier. Ils ont également pu participer à des discussions sur des thèmes aussi variés que l’économie, l’histoire et les arts traditionnels. Cette initiative entre dans le cadre du projet Civilisation, lancé en 2001 par le Centre de recherches internationales sur la culture japonaise. Ce projet repose sur les résultats des fouilles effectuées en Chine sur le site de Chengtoushan, dans la province du Hunan, ainsi que dans la région du cours moyen du Chang Jiang [ex-fleuve Bleu], dont s’est occupé le Centre de recherches en collaboration avec des chercheurs chinois. Grâce à ces fouilles, on a découvert des vestiges de rizières datant de quelque six mille ans. Il est apparu qu’ils étaient plus anciens que ceux de la province du Yunnan, jusqu’à présent considérés comme le berceau de la riziculture. L’analyse de grains de riz carbonisés trouvés sur les sites a également permis de déterminer qu’il s’agissait de la variété japonica, le riz que l’on trouve au Japon. [...]Ainsi, en remontant l’Histoire, on a pu découvrir des filiations entre les civilisations chinoise et japonaise.

De Séoul à Pékin, la culture nippone fascine

[...]Shuntaro Ito, professeur honoraire à l’université de Tokyo, note [...] que l’on “peut reconstituer une zone d’échanges culturels autour de la mer de Chine orientale”. Il prévoit de s’appuyer sur une conception de l’Histoire fondée sur les échanges entre civilisations, selon laquelle une nouvelle civilisation se crée à l’endroit où se croisent l’axe des ordonnées (les traditions) et celui des abscisses (l’influence des autres civilisations). La naissance de cette zone présuppose, selon lui, la “non-violence”, la “symbiose” et l’“élimination des différences”. [...] L’ancien Premier ministre japonais Yoshiro Mori et l’ancien chef du gouvernement sud-coréen Goh Kun ont assisté à un colloque qui s’est tenu en septembre 2004 à Lanzhou, dans la province chinoise du Gansu. Ils y ont adopté la “déclaration de Dunhuang”, qui a pour but de “réévaluer la civilisation d’Asie orientale, laquelle est caractérisée par l’harmonie”.
L’ancien ministre de l’Education nationale Akito Arima, qui représente les chercheurs, ne cache pas son enthousiasme. “Je voudrais que ce soit l’occasion de reconsidérer la civilisation de l’Asie orientale, marquée par le pluralisme et l’importance accordée à l’harmonie avec la nature, lance-t-il. J’espère que nos propositions auront des effets sur la politique de chaque pays”, souhaite pour sa part le Pr Heita Kawakatsu, du Centre de recherches internationales sur la culture du Japon, qui participait également à ce colloque.

La Chine, où l’animosité envers le Japon s’est clairement manifestée à l’occasion du problème des manuels scolaires, développe indéniablement un intérêt croissant pour la civilisation japonaise. I no bunka to jo no bunka [Culture de la volonté et culture des sentiments, éd. Chuo koron shinsha], ouvrage faisant le point à propos des travaux sur le Japon de seize chercheurs chinois, constate le succès remporté en Chine par les romans de Haruki Murakami ou par le feuilleton télévisé Tokyo Love Story. Le roman de Kyoichi Katayama Sekai no chushin de ai wo sakebu [Crier son amour au centre du monde], qui fut un best-seller au Japon, est sorti en mars 2004 en Chine, où il se vend également très bien. “On assiste à un essor de la culture nippone dans le domaine des mangas, des jeux électroniques, de la musique et de la mode. Mais la vision du Japon qu’a la jeune génération, responsable de cet engouement, est double. Elle est à la fois faite de sympathie et d’antipathie”, remarque l’écrivain Wang Min, professeur à l’université Hosei.
L’ancien ministre de la Culture sud-corée Yi Oryong a un jour qualifié l’Asie orientale de “zone culturelle du prunier”. Selon lui, “bien que chaque pays soit représenté par une fleur différente – la pivoine pour la Chine, le magnolia pour la Corée du Sud et la fleur de cerisier pour le Japon, le prunier jouit partout d’une grande popularité”. “Tous les pays de l’Asie orientale actuelle ont en commun un goût pour la philosophie classique de la Chine et pour la culture pop du Japon. Le risque, lorsqu’on est persuadé qu’il s’agit d’une même culture, c’est de ne pas aimer les différences qui existent”, souligne pour sa part M. Wang. S’appuyer sur les différences pour rechercher les similitudes, telle serait pourtant l’attitude souhaitable.

Article complet sur le site de Courrier International


 

 

par Jennifer en Chine publié dans : Actualité
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Commentaires

On va dire que ça fait plaisir à ces électeurs. En tous cas, c'est pas très malin comme démarche ... je vois pas Angela Merkel rendre hommage aux nazis.
commentaire n° : 1 posté par : Frankie (site web) le: 16/08/2006 21:55:01
Il est clair qu'en Chine ca fait scandale et que les medias en font leur gros titres. Je ne sais pas comment cela est relaye dans les medias francais, mais ici on en parle beaucoup. Ca change des JO.
commentaire n° : 2 posté par : Donatien (site web) le: 17/08/2006 10:18:16
Maintenant, ici, cette visite du 1er Ministre japonais est quasiment devenue un marronier de nos JT, qui ne remue pas grand chose. Pourtant, c'est une matière à débat qui nous concerne aussi. La prise de participation de Seb dans le chinois Supor fait davantage de bruit...
réponse de : Jennifer en Chine (site web) le: 17/08/2006 12:08:43
Tres interéressant, cet article. Ce sujet est tellement complexe... et les chinois nous rabachent "qu'on y comprend rien", j'imagine que les japonais et les coréens nous diraient la même chose...

J'espère simplement qu'ils arriveront un jour à trouver un compromis... et si ça doit passer la la littérature, les romans ou la pop, et ben pourquoi pas !
commentaire n° : 3 posté par : Aixue (site web) le: 19/08/2006 07:23:18
Oui, tu as tout à fait raison! Apparemment, la jeunesse montre l'exemple à suivre.
réponse de : Jennifer en Chine (site web) le: 20/08/2006 22:45:24
Merci pour ton comm. Ton site est sympa. Bon courage pour tes préparatifs !
commentaire n° : 4 posté par : Matt (site web) le: 21/08/2006 11:04:38

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