Mon carnet de Chine

 珍妮弗在中国:上海 !

 

Mardi 28 novembre 2006

Voilà, je n'avais pas fait attention jusque là, mais près de mon arrêt de bus pour aller au boulot, j'ai vu cette pancarte indiquant le menu d'un restaurant.

Sur la deuxième ligne, il s'agit de ce que je traduirais par du "chien en marmite".

Miam! Dire que j'aurais pu en goûter sur l'île ShengSi (cf mon récit de ShengSi). Elevés à l'air marin, à la façon des moutons de l'île d'Oléron.

22 kuai...mmm..trop cher...

En tout cas, goûter de la cuisse de chien, c'est dans mon programme. J'en connais un qui est déjà de la partie. D'autres sont partants?

par Jennifer en Chine publié dans : La vie en Chine
Dimanche 26 novembre 2006

Le CP vert, c'était le nom de ma classe de CP. C'était il y a 18 ans et j'ai fait un rapide flashback cette semaine, version chinoise bien sûr.

Depuis le début de l'année, notre prof principal (je l'appelle comme ça parce que c'est le prof que l'on a tous les jours, le cours le plus important) voulait que nous fassions un repas de classe pour les anniversaires du mois d'octobre. Hélas, personne n'est né en octobre dans ma classe, donc on a attendu ceux du mois de novembre, ils sont 3 en plus, le prof était ravi.

D'après ce que j'ai ouï dire, il y a un budget de 30 kuai par élève et par semestre pour faire ce genre de choses, repas de classe etc. Autant dire que le prof en a bien profité car nous avions pleins de choses à manger. Notamment les nouilles que l'on mange traditionnellement à chaque anniversaire, symbôle d'une longue vie.

Vu son regard attendri et plein d'envie envers la nourriture qu'il y avait sur la table, je le soupçonne même d'organiser ce repas juste pour se gaver et emporter les restes chez lui! D'autant plus qu'il en parlait tous les jours depuis des semaines.

En bonne classe de CP vert, on a donc écrit au tableau "joyeux anniversaire" dans toutes les langues, et chacun a chanté la chanson de son pays. J'étais étonnée d'apprendre que les Thailandais n'ont pas d'équivalent dans leur langue et ne chantent pas de chant particulier lors des fêtes d'anniversaire.

Quant à moi, j'ai fait mon dessin, parce que le prof me le rappelait quasiment tous les jours. J'ai pris les signes chinois des 3 personnes dont on fêtait l'anniversaire (un tigre et deux lapins) pour en faire une scène de combat, les animaux ne voulant pas se partager le gâteau. Apparemment, ça a plu. Tant mieux, car c'est vraiment pas facile de dessiner au tableau, dans un silence de cathédrale, avec 25 paires de yeux qui vous regardent...

En fond sonore, finalement, une Française de la classe a mis des tubes sénégalais et ivoiriens, au lieu des tubes chinois d'autres élèves, ce qui donnait une ambiance bien calme et détendue à la fête...

Le ventre rempli de toutes sortes de fruits, leur espèce de pamplemousse, les petites oranges dont on mange même la peau, des sortes de litchies, des pommes minuscules, de "bouchées" de toutes sortes, avec viandes, haricots rouges etc à l'intérieur, de nouilles, je me suis dit que la version chinoise de l'anniversaire des CP vert était quand même bien sympa.

J'ai pensé que pour la première fois de ma vie, j'allais pouvoir fêter mon anniversaire à l'école car je fais partie de ces élèves frustrés nés pendant les vacances d'été et parce que le second semestre se termine après ma date d'anniversaire. Hélas, il tombera pendant la semaine d'examen. Frustrée jusqu'au bout de ma scolarité.

par Jennifer en Chine publié dans : Ma vie ici
Mercredi 22 novembre 2006

 

Je marche tranquillement, le nez au vent, l'appareil photo qui rebondit sur ma hanche au rythme de mes pas, l'espace d'un instant, j'oublie où je suis, j'oublie la censure, la torture, les discriminations, la propagande.

Il fait beau et je regarde les vélos, les vieux qui s'étirent, les jeunes avec leur portable.

Je pense aux Mac Do, Starbucks, KFC, Nike, Nokia.

Je pense à ces amoureux qui se tiennent la main ou qui se bécotent honteusement sur les bancs publics et a la nouvelle liberte qu'ils s'offrent de se caliner outrageusement dans la rue. (Nan, chuis pas jalouuuse!)

Je pense aux inégalités dans le système éducatif, de santé. Je pense à la corruption à tous les niveaux, du prof de fac au plus haut fonctionnaire.

Je pense à Gong Li, qui fait des pubs pour des matelas et pour l'Oréal. Les Chinois aussi le valent bien.

Je pense à ces chauffeurs de taxi, aux gens dans mon immeuble, dans la rue, qui veulent toujours savoir d'où je viens et si j'ai du parfum parisien sur moi.

Et je tourne la tête, et je le vois. Gloups! Il m'a entendu... Je pense trop fort...

par Jennifer en Chine publié dans : La vie en Chine
Lundi 20 novembre 2006

Un dimanche après- midi. Je suis à la recherche d'un quartier qui a du charme, un café où écrire mon vocabulaire de chinois, m'isoler un peu, squatter une tasse de café comme j'avais l'habitude de le faire à Paris, rue de Buci, en regardant Boris Vian jouer de la trompette... :-)

Je vais du côté de Xintiandi, en me disant que le Starbucks serait un bon point de chute. Mais trop de monde et finalement Xintiandi, ça n'a pas tant de charme que ça...

Alors je continue vers le Sud. Je vais vers le Parc Fuxing, ce joli parc construit par les Français au début du siècle, parsemé de platanes. Je le longe et je tombe sur ces rues qui sentent l'ancienne concession française, avec ses jolies maisons, ses platanes. Je croise quelques expats avec leurs enfants, des Français souvent, qui trimballent leur gamin sur leur scooter ou qui discutent juste en se baladant dans la rue.

C'est ce Shanghai là que j'aime. Quand on ne connait pas la ville, quand on pense à Shanghai, on pense soit à l'opium soit au cliché d'une ville de style tokyoite, avec pleins de lumières partout et qui ne dort jamais. Mais ce n'est pas le cas. Shanghai se couche tôt. On a du mal à voir la chaussée la nuit. A part les grands buildings, Shanghai est plongée dans le noir. Il existe encore tous ses quartiers calmes, où il fait bon se promener le dimanche, pourtant à quelques pas de la fameuse Huaihai lu, l'ancienne avenue Joffre, pleines de boutiques et de restaurants à la mode.

Alors je finis tout de même dans un Starbucks, moyen le plus facile pour s'assoir boire un café. Un double expresso, mon dico, la vue sur les vélos...

par Jennifer en Chine publié dans : Un jour, une photo...
Jeudi 16 novembre 2006

18h, il fait nuit depuis longtemps...

J'évite les vélos sur le parking, il fait froid, il faut vraiment que je m'achète une écharpe. Pressée de rentrer au chaud, enfin au froid plutôt, à la maison.

Et je le vois, de l'autre côté de la rue. Mon bus. Enfin, je pense que c'est le mien, le bon. Tout en traversant la rue en courant, en slalomant entre les scooters et les vélos, je fais un rapide calcul mental. J'ai 66,66% de chances que ce soit un des bus qui m'emmenent jusqu'à mon autre arrêt de bus ou station de métro.

Je crois en ma chance, à ma bonne étoile, il ne m'arrive que des bonnes choses en ce moment, alors j'accélère. Des klaxons, des appels de phare. Un camion s'est garé devant mon bus. Je ne vois pas encore le numéro, mais mon bus est prêt à partir.

66,66% de chances...

Allez...le 22 ou le 934....

J'arrive près du camion et en le longeant je vois les numéros du bus...

22! OUAI!!! Il est pour moi!!!

Il démarre déjà, mais j'agite les bras et il s'arrête.

"XIE XIE NI!"

Le chauffeur en a rien à faire. Pas grave, toute fière, je regarde les gens dans le bus. Ahh!!! Dans 30 minutes, je suis chez moi!

Je bipe ma carte : "ER YUAN!" et je m'assois, le bras sur l'accoudoir, la tête dans la main, je ferme les yeux.

Mais bizarre, en montant dans le bus, j'avais l'impression de ne pas être chez moi, il n'a pas la disposition des sièges du n°22 ou du n°934...

Soudain, le bus tourne, alors qu'il doit normalement aller tout droit. Je me lève, je vais à côté du chauffeur, et lui pousse un ptit " Mais euuuhh???!!!". Il tourne la tête, me regarde, mais ça ne l'émeut pas plus que ça.

Il roule encore longtemps, trop longtemps, je ne sais plus où je suis.

Je descends au premier arrêt. Je regarde le bus partir et je vois écrit le numéro du bus sur le côté...

Le bus n°22......8

Arf, fichu camion qui s'était garé devant mon bus. La prochaine fois, au lieu de risquer de me tuer en traversant la rue et d'agiter les bras en direction du chauffeur, je lève les yeux, contourne tout objet ou véhicule qui me cache la vue, et je regarde le numéro.... et en entier.... 

 

par Jennifer en Chine publié dans : Ma vie ici
 
 
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