Mon carnet de Chine

 珍妮弗在中国:上海 !

 

Samedi 28 octobre 2006

 

Partir sur une île, n'importe laquelle, voila l'idée de départ.

Sur le forum francophone "Bonjour Shanghai", je suis tombée sur l'article d'un type qui était parti deux jours sur l'île Sheng Si, au sud-est de Shanghai. Il disait qu'il n'y avait rien à faire à part se balader sur la côte, sur la plage et manger du poisson.

Parfait!

Je lui réponds en lui demandant des précisions, un contact pour acheter les billets et s'il a un bon plan pour dormir.

J'apprends au passage que pour atteindre l'île, il faut faire une escale sur le port off-shore de Shanghai, en passant par le plus long pont du monde (35 km). Rien que pour ça, ça vaut le détour. Une autoroute flottante.

Pendant la semaine, je vends le concept pour trouver une ou deux personnes pour venir avec moi. Un peu trop même et j'ai bien peur de retrouver la moitié de l'université là- bas, car même ceux à qui je n'ai rien proposé veulent s'incruster...

Mais ouf! La météo annonce de la pluie pour le week-end, ce qui démotive les gens...même ceux qui devaient partir avec moi... A une heure de monter dans le bus, nous étions encore 3 à partir, 10 minutes avant le départ nous sommes finalement 5.

J'ai eu les tickets la veille du départ (un vendredi à 12h30), par l'intermédiaire de Wang, un type qui bosse dans une agence de voyage. Nous aurons des contacts téléphoniques en "Chinglish" et il viendra en scooter sur le parking de ma boite m'apporter les billets. Il m'écrit toutes les informations dont  j'ai besoin, notamment le lieu du départ du bus, en chinois, pour le taxi. Pendant quil m'écrit tout ca, il est 17h30, il fait nuit et des petites gouttes tombent. Je repense à mes étés sur la Manche ou la Mer du Nord et je me dis que j'adore la plage quand il pleut...L'appel de l'infini tout ça, tout ça...Ouai allez, motivée.

Le Vendredi, le jour du départ.

Pour aller sur l'île, il faut donc prendre un bus dans une gare routière près du pont NanPu, au Sud de Shanghai, côté Puxi. Il faut environ 1h30 de bus pour atteindre le port off-shore. Pour y aller, nous traversons Pudong et passons donc sur le fameux pont et c'est vrai que c'est impressionnant. Les Chinois dans le bus sont étrangement calmes et s?'excitent (comme moi) dès que nous arrivons sur le pont. Les bateaux peuvent passer à quelques endroits (2 ou 3) sous le pont. L'eau est marron, calme, le ciel est bleu, on apercoit quelques embarquations ici ou là.

Une fois sur le port, nous sommes déçus par le manque d'activité. Quelques grues gigantesques promènent des conteneurs. Je crois qu'il n'est pas encore vraiment ouvert ce port.

Hop! Nous montons dans le bateau. Expérience traumatisante. Je croyais maîtriser mais en fait pas du tout. Marc, ce marin, adore que le bateau se soulève en faisant claquer les vagues sur la coque alors je l'accompagne, debout, appréciant la vitesse de l'engin.

Mais je trouve que sentir mon estomac monter et descendre si rapidement n'est pas vraiment agréable et au bout d'un quart d'heure, je me rassois et j'essaie tant bien que mal d'adopter une position qui m'empêchera de redire bonjour à mes baozi du déjeuner...

Je ferme les yeux, j'essaie de penser à autre chose, quelque chose qui n'a rien à voir avec la mer, la houle, les montagnes russes...

Mais en fait, il y a encore pire que ça: c'est quand le bateau ralentit; Là, j'ai dit aux autres de m'attendre dehors, il fallait que je retrouve mes esprits...

L'estomac à sa place et fière de n'avoir pas eu à tester les sacs plastiques du bateau, nous sommes enfin sur Sheng Si, après 3 heures de voyage.

Le vent et l'air marin nous fouettent le visage dans tous les sens du terme.

Nouvelle mission: Appeler He, un type qui apparemment  a une maison excentrée de la ville et qui loue des chambres. Gaelle l'appelle, nous montons dans un taxi et nous filons chez He, à 5 dans le taxi, à 4 derrière donc. On n'a pas trop le droit, mais tant que le taxi accepte...

Nous traversons la ville et nous arrivons à la campagne, où se trouve la maison de He. Pour l'atteindre, il nous faut escalader des gravas, longer une ruelle, tourner à droite. Nous nous attendions à quelque chose de "spartiate" (le mot utilisé par le type de "Bonjour Shanghai") et nous fûmes très contents! Chambres de 2 à 3 lits. Gaelle et Marc dormiront ensemble, moi je partage une chambre avec Jessica et Jerôme. Et ça n'a rien de spartiate! Lits confortables, douche chaude qui marche super bien, une chasse d'eau qui fonctionne à merveille, c'est parfait. Et ce, pour 4 euros la nuit.

De plus, He a l'air d'un type super sympa . Il nous achetera nos billets retour, nous fournira une carte de l'île, et regardera Peter Pan avec nous le dimanche matin. Il nous propose de faire à manger, pour 2 euros par personne. Nous acceptons, pour le samedi soir.

Donc, après notre arrivée chez He, nous retournons nous balader en ville. Nous verrons une petite ville qui a des airs de future grosse station balnéaire dans laquelle on met les moyens: Résidences en constructions à gogo, plages entretenues et payantes, concours de chateaux de sable.

Nous allons dans un grand marché couvert, où à l'odeur, on vend surtout du poisson, mais pas seulement: Viandes, légumes, fruits...Certains font leurs devoirs au milieu des étales.

Il est 18h00 et nous ne savons plus quoi faire à part trainer dans les rues et voir si les gens sont différents de Shanghai. Comme ce que j'avais vu à HangZhou, on nous regarde avec des gros yeux ou en nous interpellant de l'autre côté de la rue d'un "RRRELLO!!!"

Nous sommes probablement les seuls étrangers de l'île.

A 18h30, on se décide finalement à vivre à la chinoise et nous allons dans un restaurant pour goûter euh... pour diner. On sent déjà que les soirées vont être longues ici. Alors nous achetons un jeu de cartes sur le chemin et un paquet de cacahuètes pour jouer au poker dans nos chambres. Quand nous rentrons, He est déjà allongé sur le canapé du salon et regarde la télé.

A coup de brelans et de carrés, nous arrivons à tenir le coup jusqu'à 23h, un exploit, d'autant plus que nous sommes plutôt fatigués.

Samedi: la longue marche

Nous partons en fin de matinée pour découvrir une plage, gratuite celle ci. Il ne pleut toujours pas, c'est super! Enfin, j'ai l'impression d'être dans la vraie Chine, des routes où on croise un scooter ou une voiture tous les quarts d'heure.

La plage est plutôt jolie, et la petite marée basse a laissé trainer des souvenirs de pêcheurs: bouteilles, sacs en plastique, une chaussure. Habituée des plages du Nord, ça ne me choque pas trop.

Ensuite, nous continuons sur la route pour faire le tour de l'île, enfin une partie. Nous passerons dans les villages. Dans le premier, j'ai vraiment l'impression de ne pas être la bienvenue . Même les poules et les canards qui trainent dans la rue nous ignorent. Nous continuons ainsi sur une bonne dizaine de km, de routes désertes en villages tristounets. Le métier de pêcheurs est prédominant et partout les gens tissent des filets.

Entre deux villages, je parle avec Jessica et d'un seul coup, je vois mes 4 copains faire un bond de côté en faisant une grimace horrible. Jessica met son pull sur sa tête. Moi, comme d'habitude, je ne capte rien. Je tourne la tête la où ils regardent et je vois un type tenant à bout de bras un chien mort. Il l'accroche à son bateau puis aiguise la lame de son couteau sur une pierre.

Bizarrement, je dois vraiment me chinoiser, car ça ne m'a rien fait du tout...Je suis devenue insensible, un vrai coeur de pierre.

Nous continuons encore quelques km, mais nous n'étions pas tous équipés, chaussement parlant, pour marcher longtemps, alors nous décidons de choper le prochain taxi qui passe. Hélas je crois bien que le village que nous avons quitté quelques km plus tôt soit le dernier de ce côté de la côte, et notre horizon est le port, au loin, et nous savons qu'il est complétement excentré de toute habitation. Alors nous continuons à marcher. Nous voyons ce type, qui balaie la route.  Partout en Chine, j'ai l'impression qu'on peut trouver un type qui balaie la route, même la où personne ne passe...

Un taxi qui arrive!!! Mais elle ne veut pas nous prendre car nous sommes 5 et elle risque d'avoir une amende...

Alors nous continuons à marcher.

Marc couine de la tong, la situation devient critique.

Le même taxi repasse. Cette fois-ci, elle nous embarque mais nous dit qu'elle passera par des petites routes pour éviter les policiers.

Une fois en ville, vers 17h, je me régale d'un bol de nouilles. Je m'en lasserais jamais je crois. Encore une fois, nous trainons, puis nous rentrons pour manger le bon repas (on l'espère) que He nous a preparé. Quand on arrive, il est encore aux fourneaux. On est bluffé par le repas: du poisson super bon, des coquillages, toutes sortes de légumes, des oeufs...Bref, je vous conseille la cuisine de Monsieur He.

Le soir, il nous regarde jouer au poker. En cadeau, le doigt de Marc sur la photo...

Pendant les 2 jours, je m'exerce à choper l'accent de Sheng Si. He comprend mes questions et j'ai du mal à comprendre ses réponses. Mais c'est déjà ça.

 

"Tu es né à Sheng Si?"

"Tu es déjà allé à Shanghai?"

"Ah! Ton fils étudie la bas!"

"Cette semaine, nous avons vu un film francais à la télé"

"Je suis arrivée à Shanghai en septembre, j'étudie le chinois et je travaille dans une enteprise francaise"

"Tu cuisines très bien!"

"Nan, Peter Pan, c'est pas un film francais"

Enfin voila, rudimentaires quoi.

Le Dimanche, farniente.

Dimanche matin, un pote à lui était là, et du coup j'ai pu reposer les mêmes questions en essayant de saisir les siennes.

"Oui je suis ici pour un an"

"Non, ce n'est pas mon copain, il a une copine et elle est en haut pour l'instant."

Il fait vraiment beau et comme nous partons à 14h, nous nous contentons d'aller sur la plage juste en face, payante (1 euro). Nous serons seuls pendant un bon bout de temps. Il fait tellement beau que j'ai même chopé des couleurs.

Enfin, nous partons, nous saluons Monsieur He, je lui dit qu'une fois à Shanghai, je dirais à tous mes amis de venir dormir chez lui, car c'est très bien, propre, calme, on mange bien et c'est pas cher.

Cette fois-ci, nous passons sous le pont et non dessus, et nous atteignons directement Shanghai. De là, un bus nous rammène au pont Nanpu et c'est bien crevée que je rentre de ce week-end vraiment dépaysant, loin de la cohue shanghaienne.

 

par Jennifer en Chine publié dans : Mes expéditions
 
 
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus