Mon carnet de Chine

 珍妮弗在中国:上海 !

 

Dimanche 1 octobre 2006

 

Dimanche 1er octobre 2006

 

Malgré une nuit courte, des préparatifs à la dernière minute, l'oeil fatigué, nous parvenons à la gare de Shanghai avec une bonne heure d'avance. Avec la foule prévue pour ce week-end, on n'est jamais trop prudent. Et même si nous avons des places assises, étant novices en matière de trains chinois, il vaut mieux être en avance. Le voyage se passe bien, environ 2h30. Beaucoup voyagent debout. Nous, nous sommes assis en face d'un couple de petit vieux et à côté d'un couple (de jeunes) qui passe son temps à se bécoter.

 

 

 

 

Une fois à Hangzhou, notre première mission est de trouver notre auberge de jeunesse. Pas facile, car nous n'avons pas son nom et sa rue en caractères chinois et nous ne savons pas trop où elle est située dans la ville. Mais nous comptons sur notre bonne fortune et demandons notre chemin aux passants. Tous nous indiquent la même direction, mais jamais nous ne trouverons l'auberge. On est alors persuadé que c'est celle indiquée sur la carte, sur les bords du lac. Hélas, non. Nous demandons alors au personnel de l'AJ de nous aider, d'appeler la notre pour avoir le nom de la rue en chinois. Super ! Nous pensons enfin être sortis d'affaire.

Mais le premier taxi que l'on prend ne connaît pas la rue. Alors dépités et fatigués, nous nous asseyons sur le bord du lac pour méditer sur notre sort et sur une autre solution. Après s'être reposés quelques instants, nous retentons l'expérience taxi qui cette fois-ci fonctionne. Finalement, l'auberge est en ville, mais comme Hangzhou est petite, ce n'est pas trop grave.

Enfin, nous nous installons dans nos chambres, après avoir un peu gueulé de devoir payer des cautions aussi énormes. Mais la fatigue aidant, nous baissons les bras et filons poser nos affaires.

Je me rends compte qu'hors de Shanghai, il vaut quand même mieux savoir baragouiner du chinois, rien que pour tenir tête quand un taxi ne veut pas nous emmener parce qu'il ne connaît pas la rue. Même si ça reste très sommaire, dire : « mais regarde la carte , si tu veux, va dans cette rue plutôt », ça peut vachement aider. Alors on élabore des stratégies différentes : si le lieu est connu, ne dire que le nom du site, si ce n'est pas connu, dire le nom de la plus grande rue qui passe pas loin. Mais plusieurs fois, un taxi nous a pris en ne sachant pas où il allait et pendant la moitié du trajet, il était pendu à son portable pour demander à son informateur le chemin.

Ensuite, nous partons direction le Lac, attraction principale d'Hangzhou. Nous décidons d'en faire le tour, ou du moins une partie. Tout au long de notre balade, la foule est omniprésente. Semaine de congés nationale, nous étions prévenus. Mais nous découvrons que nous sommes l'autre attraction : des Chinois nous dévisagent, nous sourient, nous saluent et nous prennent en photo, plus ou moins discrètement. Certains courent quelques mètres devant nous, au risque de tomber dans l'eau, pour prendre un cliché, d'autres nous demandent carrément de poser avec eux.

Tout autour du lac se succèdent pavillons, petits ponts et boutiques à souvenirs. C'est vrai que c'est bien joli, mais on se dit tous deux que ce serait bien mieux avec moins de monde, de vélos à éviter ou de minibus dont la musique nous assourdissent.

Après cette bonne balade, nous décidons de rentrer à l'hôtel pour récupérer et passer une bonne nuit. Le lac est énorme est nous n'en avons fait qu'une partie.

Le soir, nous nous organisons pour le lendemain un parcours plus éloigné du lac, pour éviter un peu la foule.

 

 

 

Lundi 2 octobre 2006

 

Nous partons de l'auberge de bonne heure. Comme les Chinois, nous prenons notre petit déjeuner (baozi à la viande et galettes), assis dans la rue. On les achète dans la rue et on se trouve des marches confortables pour manger. Des occidentaux qui mangent par terre, encore une belle attraction.

Aujourd'hui, nous allons à la Pagode des Six Harmonies, tout au sud d'Hangzhou. Avant de monter dans la pagode, nous profitons du parc  et de la forêt alentours pour profiter du calme et de la verdure.

Après quelques enjambées, nous tombons sur des séries de petites pagodes, pas plus hautes que quelques mètres. Au début, nous trouvons ça plutôt joli, ces espèces de pagodes parsemées dans les bois. Mais en lisant les écriteaux, nous nous rendons compte que nous sommes en fait dans ce qu'appellera Bilou le « disneyland de la pagode ». En fait, ce sont des reproductions des principales pagodes de Chine. Au final c'est plutôt rigolo, et ça nous a permis de faire une bonne balade tranquille, au calme, au milieu des arbres et de la verdure.

Nous montons ensuite dans la pagode. Il n'y a pas grand chose à voir à l'intérieur mais elle offre une vue sur l'admirable premier pont ferroviaire de Chine, fierté d'Hangzhou, et sur les collines.

Nous allons ensuite au Hupaomeng Quan, la « source creusée par le tigre », l'eau la plus pure de la région. Une occasion de se promener un peu comme en forêt. Tout est relatif bien sûr quand on est sur un site touristique chinois, mais quand les bois compiègnois vous manquent, le moindre endroit ressemblant à une forêt vous enchante ! Nous visitons quelques pavillons et tombons sur une grande salle, avec terrasse, où nous voyons des gens discuter, déjeuner à des tables. Les baozi et galettes de ce matin étant digérés depuis longtemps, nous commandons notre soupe et notre assiette de riz agrémenté de morceaux d'omelette. Nous resterons ici un petit moment, profitant de cet endroit paisible pour se reposer.

Requinqués, nous partons en direction du temple Lingyinsi, le temple de la retraite des âmes, ou de la solitude, cela dépend du guide. Le temple se trouve sur le site du Feilaifeng, « pic venu en volant ». C'est un ensemble de grottes et de roches sur lesquelles sont sculptés des motifs bouddhiques. Il y a beaucoup de monde et il parfois difficile de naviguer. Nous grimpons plus haut et montons sur la colline, espérant découvrir une superbe vue. Une fois là haut, une buvette, et quelques touristes qui jettent leurs détritus par terre. Bilou, véritable bouquetin, cherchera d'autres endroits plus difficiles à atteindre pour jouir d'une vue unique. N'étant pas un as de l'escalade et une rageuse ampoule faisant son apparition sur mon talon gauche, je préfère descendre tranquillement et l'attendre en bas.

Retour dans la foule, direction le fameux temple de la solitude des âmes retraitées (on a fait un mix de nos deux guides). Un pavillon avec les fameux quatre gardiens, bouddha sous plusieurs formes, maitreya, sakyamuni...Une salle avec 500 arhats dont on essaie de deviner l'expression faciale de chacun, un sakyamuni de 20 mètres de haut etc. Quand la fatigue se fait sentir, nous trouvons toujours un endroit un peu à l'écart, d'où nous pouvons regarder les gens sans trop être vus.

Nous rentrons vers le centre-ville par le bus. Dans celui- ci, nous rencontrons un Allemand qui a mal compris le « geology » de Bilou et croit qu'il fait de la theology. Du coup, il nous parle de Jésus. Bilou insiste sur le « geology », l'Allemand comprend enfin mais préfère nous parler de la Bible et de sa foi que du climat méditerranéen d'il y a 30 000 ans. Nous aussi nous trouverons un jour un sens à la vie. Soulagés d'apprendre cette grande nouvelle, nous descendons du bus en direction d'un bon restaurant pour remplir nos estomacs affamés. Des concombres pimentés, du poisson et du boeuf.

Nous resterons jusqu'à la fermeture, savourant ces bons moments où l'on reste à table longtemps après le repas pour terminer cette longue journée.

 

 

 

Mardi 03 octobre 2006

 

Aujourd'hui, nous ne résistons pas à faire nos bons touristes chinois et nous décidons de prendre le bateau pour aller faire un tour sur les quelques îles au centre du lac. La première sur laquelle nous allons m'abrutit avec toute cette foule. L'île n'est vraiment pas grande et j'ai l'impression que l'on se marche les uns sur les autres. Les seuls regards échangés avec Bilou sont ceux de l'agacement et du désespoir. Déguisements pour les photos, boutiques à souvenirs, je me demande bien ce qu'il y a à voir d'authentique sur cette île. La vue peut-être. Les jouets, les sifflets des gamins qui font du bruit jusqu'à épuisement m'agressent et me poussent à partir. Vite, nous trouvons le bateau pour aller sur une autre île, plus grande. Mais même histoire, beaucoup de monde partout. L'île est plus étendue et offre quelques endroits un peu plus tranquilles. Nous en profitons pour nous assoir au bord de l'eau, à regarder, abrutis, les Chinois au loin ou les bestioles qui flottent sur l'eau.

Bilou : «  Au ciel, il y a le paradis, sur terre il y a Hangzhou, ouai bah j'en suis pas si sûr ! C'est plutôt l'enfer ici ! ». Soupir. « Bah, ça aurait pu être pire, il aurait pu pleuvoir!»

Nous essayons de relativiser car les lieux sont quand même très beaux et nous mettons notre malheur sur le compte de cette semaine de congés pendant laquelle tous les Chinois font du tourisme. Oui, je sais, on était prévenu, mais bon !

Nous reprenons le bateau pour regagner les bords du lac. Nous mangeons sur une terrasse du riz avec de la viande et des légumes. Encore une fois, nous profitons de ces moments de répit.

Nous nous rendons ensuite à une pagode dont on s'étonne de ne la trouver dans aucun guide. Pourtant, elle est située sur une petite colline et on la voit de n'importe où depuis le lac. Quand nous arrivons sur les lieux, nous comprenons enfin. La pagode a été entièrement reconstruite et a été inaugurée en 2002. Pour le coup, ils ont mis les moyens : escalators et ascenseurs dans la pagode. Quelque chose de bien toutefois : sous la pagode, on peut voir les ruines de l'ancienne.

Nous prenons l'ascenseur pour aller au dernier étage. Intérêt majeur, une superbe vue sur le lac. Nous redescendons les étages à pied et nous sommes consternés par la décoration. Autant ne rien mettre. Des peintures moches qui rappellent la construction de la pagode, des moulages dorés, des bas- reliefs représentant le panorama depuis la pagode. Encore une fois nous trouvons refuge sur une terrasse, en bas de la pagode, un peu à l'écart, au calme. Il n'est pas 15h et nous sommes déjà fatigués. Piétiner et le bruit incessant nous épuisent. Pour ma part, je prends le coup du retard de sommeil accumulé depuis mon arrivée à Shanghai. Malgré de meilleures nuits, la récupération est plus longue que prévue. Mais courageux, nous décidons tout de même de remonter la digue le long du lac pour profiter de la lumière de la fin d'après-midi. J'ai mal à mon talon et j'ai l'impression de marcher les yeux fermés. Mais il faut rester aux aguets pour surveiller vélos et minibus qui aiment frôler les piétons.

Au bout de la digue, nous reprenons le même bus qu'hier. Il nous dépose au centre-ville et nous ferons le chemin jusqu'à l'auberge à pied. Une fois arrivée, je crois bien que plus jamais je ne pourrais ressortir, mais après une bonne douche (j'ai enfin réussi à faire fonctionner l'eau chaude) et une sieste de quelques minutes, je suis d'attaque pour voir Hangzhou de nuit. Nous nous rendons dans une rue très touristique, où foisonnent boutiques et restaurants en tout genre. L'ambiance me ravit et me donne du courage. Nous mangeons des concombres de mauvaise qualité, mais le poisson mandarin est excellent et les boulettes de porc calent mon estomac. A la fin du repas, je dors debout. Nous repensons à l'île de l'enfer de ce matin, et la fatigue aidant, nous éclatons de rire devant le burlesque de la situation, quand nous repensons à nos têtes énervées et désespérées.

Après le restaurant, nous longeons la rue en quête de cadeaux débiles en tout genre. Les fréquentes odeurs de tofu grillés me soulèvent le coeur. J'achète un joli sac à main et quelques bracelets. Le temps passe assez vite et nous partons quand les magasins ferment, vers 22h30.  La ville est enfin calme et c'est un plaisir de fermer les yeux, le nez au vent, pour goûter la douceur de cette soirée, installée au fond du taxi.

 

 

 

Mercredi 4 octobre 2006

 

Pour notre dernière matinée, nous voulions aller visiter la mosquée d'Hangzhou. Nous avons réussi à nous rendre dans les environs, mais la mosquée se trouvant en haut d'une colline, nous n'avons pas trouvé le sentier pour nous y rendre. Le taxi, qui a nous déposé sur l'axe principal, désolé de ne pas savoir nous emmener à la mosquée, nous a offert le trajet. Du jamais vu ! Nous avons demandé notre chemin à plusieurs personnes, un guide touristique, un policier, des touristes, mais on ne nous indiquait jamais la même direction. Si nous avions eu du temps devant nous, nous nous serions aventurés dans les bois. Dommage, ça m'aurait bien plu cette petite balade sur la colline...Le temps était encore frais, le ciel bleu et le soleil nous réchauffait doucement. La meilleur journée depuis notre arrivée. Alors nous avons remonté la rue qui débouchait sur une partie du lac que nous ne connaissions pas. Pour parfaire notre panoplie de touristes chinois, nous avons loué un petit bateau à moteur pour se balader à deux sur le lac. Un moment calme et sympathique mais on s'ennuie vite. Nous avons terminé notre matinée en se baladant dans les parcs alentours, avant de se rendre à la gare pour prendre notre train pour Shanghai.

 

Pour terminer ce carnet, quelques photos en vrac...

 

 

 

 

 

 

   

par Jennifer en Chine publié dans : Mes expéditions
 
 
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