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 Je suis Jennifer. Après mon diplôme en poche, je suis partie à Shanghai pour y travailler dans une entreprise française tout en étudiant le chinois.

L'aventure avait commencé le 10 septembre 2006 (je suis maintenant en France) et je vous invite à la vivre avec moi, en parcourant mes articles qui ont pour toile de fond la Perle de l'Orient...

Texte libre

 

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Ma vie ici

Samedi 30 septembre 2006 6 30 /09 /2006 00:59

Hier, avec deux amies de ma classe, nous sommes allées au bureau des études françaises de ma fac, l'élite francophone. Nous avions entendu dire que ces étudiants quasiment bilingues voulaient rencontrer des Français, pour échanger en français et en chinois.

Nous trouvons le bureau et nous toquons à la porte. La porte s'ouvre, une monsieur nous accueille. Il parle français.

Nous entrons dans son bureau. Violente odeur de cigarettes. Deux fauteuils séparés par une petite table surlaquelle des journaux s'empilent. Dans un coin, une bassine, avec du savon. Avec les stores aux fenêtres, on se croirait vraiment dans le bureau d'un détective privé d'un film américain des années 50.

Il nous invite à nous asseoir, tout en se jetant sur l'un des fauteuils. Nous n'osons pas en faire autant et plus discrètes, nous prenons des chaises. Il s'allume un petit cigare, respire un bon coup, et nous dit qu'il est heureux de rencontrer des Françaises qui veulent échanger avec ses étudiants. Il nous demande direct si on est à Science- Po, ou, le cas échéant, quel master on prépare. Nous lui disons que nous sommes toutes diplômées et que nous sommes ici pour apprendre le chinois et travailler. Ses étudiants font partie de l'élite francophone et beaucoup tentent d'intégrer Science Po ou HEC, en langue française. Chapeau.

Il nous demande de quelle région nous venons. "Ah! Compiègne! Ils ont signé l'armistice dans la forêt. Ah et le château!"

Il nous apprend que Notre Président sera en Chine le mois prochain et qu'il faut qu'on se prépare à voter au consulat en 2007.

Nous devons partir, alors il prend nos coordonnées pour les donner à ses étudiants. Il nous tiendra aussi au courant des conférences qui ont lieu, tenues par des universitaires ou directeurs d'école françaises.

Quand nous ressortons, j'ai l'impression d'avoir visité une cave à opium du siècle dernier....Donc il en existe bien encore! :-)

Par Jennifer en Chine - Publié dans : Ma vie ici
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Samedi 30 septembre 2006 6 30 /09 /2006 01:11

Le café...Une histoire d'amour qui a débuté pendant mes études acharnées parisiennes....

Et à chaque endroit où je vais, je m'adapte. En ce moment, mon rituel quotidien est de prendre un café à la pause à la fac. Mais attention, du café au lait sucré en cannette, donc froid. Vu qu'ici il fait encore chaud, ça ne pose pas trop de problème. Et tout le monde aime les frappucino de Starbucks...Sauf que ça n'a pas vraiment le même goût...Mais quand on est accro au café, on l'est pour la vie, et on s'adapte. L'adaptation, ingrédient nécessaire à toute idylle...

Au boulot, il n'y a pas de machines à café donc j'ai apporté mon mug, avec ma dose de café instantané. Ce n'est pas une très bonne idée car du coup, j'en bois 3 fois plus...Mais tant que je tremble pas et tant que je n'ai pas de palpitations, je ne m'inquiète pas. Pourtant, j'ai eu des antécédents. Mes anciens camarades de classe se souviendront d'une soudaine poussée de Parkinson lors d'un exposé en droit des affaires...Nan! Ce n'était pas le stress, mais un abus matinal de café! Ca fait deux ans que je me tue à le leur dire...

Habituée donc des machines où l'on boit son café plutôt rapidement, je découvre une nouvelle vision de mon idylle depuis que je la consomme dans un mug : boire mon café tiède voire froid. Oui, parce que plongée dans mes rêvasseries mon travail, il m'arrive de l'oublier. Et lors d'un étirement, je l'aperçois, en boit une goutte et fait la grimace, celle que j'appelerai "la-grimace-du-café-froid-et-pas-bon-de-surcroît"...

Autre événement, j'ai testé le café chaud de la fac. Ne faîtes jamais la même erreur que moi...C'est l'équivalent de 3 mugs, à boire avec une paille. La couleur hésite entre le beige et le marron. Je goûte, violente grimace, celle de " décidemment-le-café-en-Chine-c'est-pas-ça". Trop dosé ou pas assez, je n'arrive pas à le savoir. J'en bois la moitié difficilement (il faut amortir le prix) et jette le reste à la poubelle. Je n'ai pas réussi à le refiler, tous mes potes ont vu ma grimace. Ils la connaissent aussi, pour être passés par là...

A mon grand désespoir, je m'en tiendrai désormais au café froid, en cannette à la fac, ou au fond de mon mug au boulot....

Heureusement, certaines rencontres apportent son lot de surprises et cet après-midi, j'ai pu siroter un délicieux café passé en cafetière, calée dans un fauteuil d'un appart à expat, en regardant les bateaux sur le Hangpu...

L'amour est éternel...

Par Jennifer en Chine - Publié dans : Ma vie ici
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Samedi 30 septembre 2006 6 30 /09 /2006 17:14

Vendredi matin, en arrivant en classe, on m'annonce que "ce serait quand même trop sympa tip top trop cool de faire un repas avec les gens de classe, pour mieux se connaître.Hé! Mais pourquoi pas ce midi???"

Je me sens vieille...C'est vrai que j'adorerais mieux connaître cette petite Coréenne habillée en poupée manga, avec des petits bonhommes pendus à ses boucles d'oreilles...Toutes ses affaires de cours sont roses, comme ses chaussettes. Quand je la vois, je me demande à chaque fois ce qui a pu se passer pendant son adolescence pour vénérer encore les couettes et les rubans multicolores...

Allez oui, allez hop, Ok, je serai de la partie.

Sur le chemin pour aller au resto, une Thaïlandaise me demande si c'est vrai que les Français, quand ils mangent par exemple une viande, avec des légumes et du riz, et bien, il faut qu'ils plantent tout en même temps dans la fourchette.

Je me demande bien d'où elle tient ça...Elle a dû zapper sur TV5 Monde et tomber sur une émission de Lagaff. Je lui réponds que certains le font, mais ce n'est pas être Français, c'est être un morfale, ou un Adrien ;-)

Nous sommes environ une douzaine autour de la table: 3 Thaïlandais, 1 Coréen, 1 Indonésienne, 3 Français (on va essayer de se retenir de planter toute la nourriture sur nos baguettes), 2 Allemands, 1 Canadien.

Notre camarade coréen ne parle pas anglais, ce qui nous oblige à parler chinois, avec ses variantes: le frannois (mélange de français et de chinois), le frenghlish, le thaïnois ou le thaïglish etc.

Nos conversations tournaient autour de notre programme pendant la semaine de vacances nationales, nos origines etc. Mon voisin thaïlandais me demande ce que je pense du Da Vinci Code. Mouii..qu'est ce que ça vient faire ici? Ah oui, l'action se déroule pour une grande partie à Paris. Et qui dit Paris, dit France, et dit ma voisine de table.

Comme j'ai détesté le film, j'ai peur de le blesser si je lui dis que j'ai dormi sur l'épaule d'une copine pendant les 3 heures de film...Alors par prudence (ou par politesse au choix), je lui demande son avis et me dit qu'il n'a pas aimé le film mais que le livre est très bien. Etrange, parce que le film est l'exacte réplique du livre. Peut-être parce que dans le livre, on nous inflige pas du Jean Reno...

Il me demande aussi si je crois en la thèse de Dan Brown. Celle qui dit que Jésus ne s'est pas seulement fait laver les pieds par Marie- Madeleine? Bah...pourquoi pas? La chair est faible...

Pendant le repas, avec mes potes français, on remarque que les petites indonésiennes et thaïlandaises sont drôlement intéressées par le Coréen non anglophone. C'est mignon, les flirts dans les cours de récré de la 3ème B...Je remarque que les techniques n'ont pas changé..

Comment ça je suis cynique?? :-)

En tout cas, repas bien sympa. Bon, toujours impossible de retenir les prénoms. Déjà que j'ai du mal en France, alors des prénoms à consonance asiatique, c'est trop demandé pour mon Alzheimer...

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Vendredi 6 octobre 2006 5 06 /10 /2006 23:00

Au détour d'une conversation avec Bilou, alors qu'il était tombé sur un de mes pauvres gribouillis à la maison, l'idée de faire un dessin pour son blog lui est apparue.

Le principe? le mettre en situation dans sa vie quotidienne shanghaienne. Son idée? Sa lutte incessante contre les moustiques...

Ce dessin a été conçu pour son blog, donc pour les gens qui le connaissent bien, j'explique donc un peu: Bilou a un chapeau (d'aventurier pour résumer, j'y connais rien en chapeau) très connu, et ça faisait un moment que je le surnommais Indiana Jones. De plus, il est géologue, c'est pas loin du taf d' Indi, non? ( Oui, Bilou, je sais, j'y connais vraiment rien...)

Donc voila, un remake d'un probable carton au box office US (puisque qu'on attend toujours l'Indiana Jones 4....)

A défaut de voir mes photos, et pour ceux qui m'ont supportée pendant des heures et des heures de classes pendant que je griffonais toujours les mêmes bonhommes, cliquez ici pour voir le dessin sur le blog de Bilou en Chine.

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Jeudi 12 octobre 2006 4 12 /10 /2006 14:01

Dans ma rue, on regarde les voitures passer en fumant sa clope, en position de la crotte

On prépare des crêpes (très bonnes) en rigolant devant la laowai qui prend des photos, quelle idée!

Son mari fait le pitre pour la photo, en se faisant passer pour un client

Et ça nous fait bien rigoler!

Enfin, on fait un beau regard ténébreux pour la laowai fan de ses baozi!!!

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Lundi 16 octobre 2006 1 16 /10 /2006 01:01

Cet objet fait mon bonheur en ce moment. Depuis que je l'ai acheté, j'arrive à dormir au-delà de 6h du matin, à part si un immeuble s'écroule dans le coin. Ce qui arrive.

Hélas, je dois avoir le sommeil agité car je le retrouve tous les matins à l'autre bout du lit. Je ne sais pas comment Winny fait. Pourtant, il n'y a pas d'échappatoire possible... Winny est fourbe, ok, mais il n'est pas réputé pour être très souple.

Parfois, je combine son utilisation avec des boules quies, première fois de ma vie que j'utilise ces bidules là. Hé oui, d'habitude, quand je n'arrive pas à dormir, bah...je ne dors pas, et ça m'allait très bien. Mais là, je ne sais pas si c'est l'air de Shanghai, mais je subis une fatigue chronique, qui me fait bailler en cours, prendre le mauvais bus, me rendre compte que je n'ai pas mon portefeuille alors que je suis à la caisse du supermarché, croiser des gens sans les reconnaître, boire mon pot à crayon au lieu de mon mug...

Alors j'ai pris les choses en main et depuis, mes nuits sont, peut-être pas calmes car Winny se fait shooter hors du lit, mais à peu près complètes.

 

Photo sponsorisée par Watsons. Ahhhh, Camille.... Watsons.....!

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Jeudi 19 octobre 2006 4 19 /10 /2006 14:22

Ca faisait un moment que je voulais tester le coiffeur. Premièrement, parce que mes cheveux n'avaient pas vu une paire de ciseaux depuis décembre 2005. Deuxiement, parce que j'ai du mal avec les cheveux longs, la vie en cheveux courts, c'est tellement mieux.

En général, je suis assez téméraire avec mes cheveux mais là, j'ai pas osé le court. Je vais attendre de pouvoir montrer une vieille photo, ou un truc dans un magazine.

Alors je descends du bus en rentrant du boulot, et je vais dans le premier salon que je vois. Mon critère? Des coiffeurs hommes qui défient la loi de la gravité. Je n'ai jamais été déçue par les coiffeurs masculins qui ont des épis sur la tête.

Je rentre, je demande le prix. Ok, c'est parti. On me demande si je veux une couleur. Nan, j'en veux pas. Je sais que je n'ai pas une couleur naturelle flamboyante comme dans les pubs Fructis mais bon.

Je m'installe et mon coiffeur, un beau jeune chinois dont les cheveux lui tombent sur le nez, me met direct du shampoing sur mes cheveux secs. OK, soit. Il prend son temps pour bien faire mousser. J'ai envie de lui dire que c'est plus facile avec de l'eau, mais il doit penser que le shampoing agit mieux direct sur le cheveu sec.

Hop, rinçage en position allongée. Après cette dure journée, je piquerai bien un ptit somme.

Et maintenant, à l'attaque. La star arrive. Un chinois encore plus beau qui tire la gueule. Bah ouai c'est la star. Les cheveux en pétard. Ce doit être un bon alors.

Il me demande ce que je veux. Je lui fais comprendre que je veux juste raccourcir et qu'il me "crée" une mèche. Je sens que c'est un créateur.

Hop, hop, hop!

Au départ, il commence lentement, je suis rassurée. Et puis au moment du dégradé, il commence à s'exciter un peu, ses mouvements sont plus rapides, il saute d'un pied sur l'autre, son coeur s'accélère, il est en train de créer.

J'ai l'impression de me faire coiffer par Edward aux mains d'argent.

La communication est difficile alors nous restons muets. Il m'indique où couper ma mèche, j'acquiesce. Pas le droit de revenir en arrière, mes cheveux flottent déjà dans l'air.

Il s'arrête, recule un peu, soupire, pose ses ciseaux et repart.

Voilà le résultat. Bon le changement n'est pas énorme, mais c'est un début. Le mois prochain, je tente le court. Pour 3 euros, on ne refuse pas.

Par Jennifer en Chine - Publié dans : Ma vie ici
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Jeudi 19 octobre 2006 4 19 /10 /2006 15:15

Enfin, je pense, il faut attendre la note. Mais la note, je m’en fiche un peu. Je suis là uniquement pour le plaisir et la beauté de la langue…dans un pur acte totalement désintéressé…

Beauté, beauté…Je me suis quand même pris le chou sur certains caractères bien moches et compliqués à retenir!

En soi, avoir une note me passe au- dessus de la tête. Je ne suis pas là en échange universitaire, je n’ai rien à valider. Mais un examen à l’avantage de me forcer à intensifier le bourrage de crâne. Mais attention, il faut le faire intelligemment. Mettre en route la mémoire à long terme, et pas celle de Doris le poisson rouge (qui est bleue d’ailleurs).

Alors la technique? Regarder le caractère, le cacher, l’écrire 10 à 20 fois, selon la difficulté de celui-ci, et passer au mot suivant. Quand on a fait ça pour tous les caractères, on revient au début et on recommence.

Pour mon examen, je devais réviser 9 leçons à raison de 25 mots par leçon en moyenne. Vous imaginez le chantier. Et encore, là il ne s’agissait que des mots nouveaux et pas des anciens que j’ai appris avant mais que je dois de temps en temps revoir.

 

Je mets une petite croix à coté des mots que j’ai du mal à retenir.

Après, on va s’aérer la tête, et on revient, un mug de thé a la main.

On refait les caractères difficiles jusqu’à ce que ce soit rentré dans le crâne.

Vous comprenez donc qu’on peut faire ça à l’infini…

Il ne faut pas non plus oublier d’apprendre pour chaque caractère le pinyin i.e. la prononciation et les tons (pour faire simple).

L’idéal, quand on s’intéresse à la langue, c’est de décortiquer le caractère. Repèrer sa clé et les différents élements qui le composent. Car chaque caractère n’a pas été fait au hasard. Et même si au final, l’ensemble des élements ne permet pas toujours de deviner le sens (ce serait trop simple…), ce travail permet de le retenir, comme un moyen mnémotechnique.

Je ne suis pas une experte en chinois et je n’ai pas envie de fouiller dans mes bouquins pour trouver les termes exacts, alors je m’excuse d’avance auprès des quelques sinophiles qui me lisent (surtout Gaelle ma coloc qui peut me taper facilement puisque qu’on vit dans le même appart).

Chaque caractère a une clé. Il faut les apprendre car il faut pouvoir les reconnaitre afin d’au moins pouvoir chercher un caractère dans le dico.

Alors les clés, il y a un peu de tout. Celles qui me viennent à l’esprit: le coeur, l’être humain, la femme, l’animal, l’insecte, le champ, la force, le métal, la lune, la main, le couteau, la soie etc etc

Alors a priori, le caractère d’un animal aura la clé de l’animal dans sa composition, une plante aura la clé du vegetal. L'inverse est plus vrai en fait. Un caractère avec la clé de l'animal a une forte probabilité de concerner un animal. Mais un animal n'a pas forcément la clé de l'animal. Bon, ça chauffe là.

J'ai vraiment bien fait de ne pas être prof moi...

Alors quand on apprend un caractère, on cherche d’abord une clé. Et même si on ne connait pas son sens, on peut deviner que tel caractère se rapproche du monde animal, de quelque chose qu’on peut tenir dans la main, de quelque chose de métallique, que c’est un sentiment etc.

Ainsi, dans le caractère du chien, il y a la clé de l’animal, dans le caractere de la monnaie, il y a la clé du metal, dans le caractère de la fleur, il y a la clé du vegetal.

Et puis il y a ensuite les associations de caractères qui débouchent sur un nouveau mot. Par exemple, le caractère de la femme + caractère de l’enfant = bien, bon

Donc, une mère près de son enfant, c’est quelque chose de bien.

Ou alors deux caractères de l’arbre = bois, 3 caractères = forêt.

Logique, non?

Mais ce n’est pas toujours aussi evident. Sinon, ce? ce? je vous laisse dire la suite: Ce serait trop simple. Oui voila, vous avez tout compris.

Je vous conseille un article du blog d’Estelle, qui vit à Pekin. Elle explique la formation des caractères et vous fait decouvrir certains assez….croustillants! Notamment autour du caractère de la femme…Vous verrez que l’écriture chinoise est plutot imagée!

Estelle et l'Empire du Milieu -  "un sacré caractère!"

Alors niveau vocabulaire, mon programme concernait des histoires de mecs qui ne retrouvent plus leur vélo dans le parking, d’une nana qui va accompagner une délégation en visite à Shanghai, d’une autre qui prépare une teuf pour son anniversaire, d’un type qui adore apprendre ses caractères chinois à la bibliothèque, d’un autre qui raconte ce qu’il compte faire pour ses vacances, d’une fille qui va essayer des manteaux en cuir mais qui sont trop chers et d’encore une autre qui va acheter des timbres avec Mao dessus à la poste.

Les personnages ont des vies passionnantes et des hobbies vraiment bizarres, comme prendre des cours pour chanter de l’opera de Pékin ou aimer rentrer des caractères chinois dans son ordinateur.

On n’est pas loin de l’effrayante Krokodile Bande de mon bouquin d’allemand en seconde…

Ah! il y en a quand même un qui aime bien dessiner, je vais pouvoir réutiliser ça. D'ailleurs, le prof avait prévu qu'on fasse un resto, toute la classe, le 9 novembre, pour fêter l'anniversaire de 3 élèves qui sont nés en novembre. Le prof demande: "谁会画画儿吗?"Shui hui hua huar maaaaa???? (Qui sait dessiner????)

Et c'est là qu'on se rend compte qu'en fait, les amis, c'est ceux qui sont les premiers à vous trahir...Résultat, faut que je réfléchisse à un dessin que je ferai au tableau le 9 novembre...C'est bien, j'ai l'impression de faire des petits come back avec le CE1 Vert (c'était ma classe). Le prochaine fois, on fait un goûter aussi?

Apprendre les caractères chinois a quelque chose de sacerdotale. Même s’il y a souvent de moments de découragement. Mais comme on n'est entouré que de caractères chinois, dans la rue, à la fac, au boulot, au supermarché, plus on progresse, plus on déchiffre le monde qui nous entoure. “Ahhhh???? C’etait donc du chien??!!!!”

Vous allez me dire que c'est pareil dans tous les pays...Oui, mais il y a quand même une différence, car ici, au Japon, ailleurs, c'est vraiment très très frustrant de ne pas pouvoir lire, même sans comprendre. C'est handicapant même pour les choses les plus simples. En Italie, vous pouvez dire le nom de la station de bus que vous cherchez. Ici, si vous ne savez pas comment se lisent les caractères du nom de la station, c'est un vrai problème. Enfin, non, je dis n'importe quoi, car vous pouvez quand même montrer les caractères à quelqu'un qui vous indiquera le chemin. Alors le pire c'est sans doute de n'avoir que le pinyin et pas les caractères. Quand on pote vous dit:" prends un taxi et va à SiPing Lu". Oui pas compliqué, mais si vous le prononcez mal, le taxi ne vous comprendra pas. Et comme vous n'avez pas les caractères, vous ne pouvez pas les montrer au taxi. Bref, vous restez sur le trottoir et vous pleurez. C'est ce qui m'est arrivé à Hangzhou: pas le nom de l'auberge et de la rue en caractères chinois. Bah c'est sportif!!!

Et même dans les pays où la prononciation est difficile comme le pays des mots avec 4 consonnes qui se suivent (la Pologne, n'est-ce pas Alban?), il y a toujours un moyen d'écrire vite fait le nom de la rue.

Un sacerdoce, je vous disais... 

Comme il est impossible de lire tant qu’on n’a pas appris le caractère, on comprend petit à petit ce qu’il se passe autour de soi…Comme si chaque jour, on se prenait un peu plus pour Champollion.

On se surprend à écrire un caractère sur la paume de sa main (gauche pour moi car je suis droitière) car on a eu soudainement un doute sur celui- ci, alors qu’on y pensait sans raison, assis au fond d’un bus…

On est tout content de pouvoir prononcer la transformation chinoise de Danone, Coca, Pepsi, Mac Donalds…

On est fier de pouvoir comprendre une publicité pour une agence immobiliere qui vous promet une nouvelle vie.

On est heureux de reconnaitre des aliments sur les produits qu’on achète au supermarché…

On peut préparer une couette pour l’hiver avec toutes les feuilles utilisées pour les lignes de caractères…

On devient maniaque des stylos à bille à pointe ultra fine, pour pouvoir écrire les caractères avec une précision extrême.

On raye violemment un caractère en ralant car on le trouve pas assez équilibré.

On grimace en déchiffrant l’écriture illisible du prof en réussissant à deviner les caractères car on commence à être familier avec “ce qui pourrait être du chinois”. "Ah, non, ce trait là, c'est pas possible..."

Et on est excité toute la journée quand on a réussi à se faire comprendre, SANS FAIRE DE GESTE, au restaurant, à la poste, dans le taxi ou avec la mémé dans le bus qui vous demande d'où une jeune fille aussi polie vient, parce qu'on vient de se lever pour lui laisser sa place...

Par Jennifer en Chine - Publié dans : Ma vie ici
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Lundi 23 octobre 2006 1 23 /10 /2006 13:35

Aujourd’hui, un article qui n’a rien à voir avec la Chine.

En cherchant l’étymologie du prénom d’un copain (devinez lequel…), je me suis dit:”Tiens, au fait, je ne connais rien à propos du mien. “

J’ai toujours eu des doutes sur son origine…

Et, désolée, mes chers parents, mais je n’ai pas eu une grande passion pour ce prénom qui en France, au lieu d’avoir une sonorité élegante peut se ranger du côté des Germaine…

Hé oui, car c’est rare qu’on le prononce Djenifeur

C’est plutôt Jainifaaaaire, et dit comme ça, ça ressemble vraiment à Germaine, non?

Le pire, c’était la grand-mère d’une copine qui ne connaissait pas ce prénom et m’appelait Jeannifer, en rajoutant juste un “ifer” à Jeanne. Et puis comme elle venait d’un bled paumé de l’Oise, c’était avec un bon accent qu’elle disait mon prénom.

En revanche, le coté rigolo, c’est que c’est un prénom qui se prête facilement aux diminutifs plutôt sympas et aux prononciations les plus fantaisistes.

Autour de moi, j’ ai un peu tout et n’importe quoi.

Dans ma famille, c’est plutôt Jenny, prononcé Djainny

En sixième, c’était du Jennif’ à gogo, genre je suis un ado rebelle et j’ai la flemme de prononcer ton prénom en entier.

Ensuite, la Jenny de Forrest Gump a eu son influence et il y a eu la période “Djeunne ni”

Heureusement, je n’ai pas vécu mon adolescence pendant la 1ère Star Academy. Colérique, je n’aurais jamais supporté qu’on écrive mon prénom avec un seul “n”…Comment ça, c’est le cas????

Mes copains de Lille, c’est Jen pour certains, Jeuuunny pour l’un d’entre eux qui se reconnaitra

Au boulot, dans le Ch’nord, pas de diminutif évidemment, mais côté prononciation, c’était beaucoup Jennifeuuuur

“Ouaiii quouo?Qu’est ce qui yo?”

En Chine, c’est désormais Jennifou qui a été adopté (transcription de Jennifer). Plus rigolo que celle que j’ai en polonais qui veut dire Jeannine…

C’est pour ça que je me sens particulièrement proche de mon père qui a aussi vécu (j’imagine) les humiliations les pires…Il s’appelle Czeslaw, c’est polonais. Prononcez: Tchaisoif. L’internat à Béthune a du être particulierement dur! Et il connait aussi les diminutifs les plus moches. En Pologne, quasiment tout le monde s’appelle par un diminutif. Pour Czeslaw, il y a Czeszu par exemple. Prononcez Tchéchou. Traumatisant pour une petite fille qui vénère son papa, le complexe d’oedipe est vite passé!

Alors d’après mes recherches, Jennifer vient de la transcription du gallois gwenhwyfar, signifiant pure et belle, douce et brillante. C’est même le nom de l’épouse du roi Arthur (“what?? A coconut??”). La transcription française est Guenièvre, vous le savez.

"Jennifer resta longtemps un prénom exclusivement gallois et ne s'est répandu dans les pays anglo-saxons qu'à partir de 1930. Son succès a été spectaculaire. En 1950, il a atteint le sixième rang des prénoms féminins en Grande-Bretagne, puis a débarqué en Australie, et enfin au Canada et aux États-Unis. Dans ce dernier pays, il a figuré dans les dix prénoms féminins les plus attribués de 1970 à 1992, et a été au premier rang de 1981 à 1984.

En France, Jennifer a commencé sa carrière à la fin des années 1970. L'immense succès d'un feuilleton télévisé, Pour l'amour du risque, diffusé à partir de 1981, lui a fait faire un bond spectaculaire et, de 1985 à 1990, lui a permis de figurer dans le " top ten " des prénoms féminins. "

Ahhh, ca devient de plus en plus rares de rencontrer des gens qui me disent:”l’amouuuuur du risque, Jonathan et Jennifer, deux justiciers milliardaires!!!! Bah il est où ton Jonathan???”

Vous imaginez le cauchemar quand je partais en colo 3 semaines et qu’il y avait un Jonathan dans le groupe…

“On peut fêter Jennifer à la Sainte- Gwenn dont l'étymologie est en partie identique.”

Voila, j ai appris que ma fête c’est donc le 18 octobre. ET ON EST LE 23!!!

J’ai vraiment pas de bol moi…

J’apprends aussi que c’est un prénom boudé dans les milieux BCBG. Non, sans blague??? C’est clair que ca sonne moins classe qu’ Eugenie ou Donatienne… ;-)

Sur un autre site, je decouvre que “les Jennifer sont sensibles et loyales” (Euhh…Guenièvre, elle a pas forniqué avec Lancelot?). “Elle savent se débrouiller par elle-meme et car elles sont très autonomes."...Euh...On va dire que je suis allée en Chine pour apprendre à l'être... "Jennifer assumera toujours ses responsabilités.” Ah ça, c’est bien vrai! Parfois trop même…”C’est une personne sur qui on peut compter. "

En tout cas, dans mes cours de chinois, je passe inaperçue. Noyée entres les “YouBiSan”, “Yonghuehom”, “Xuelinna”, et autres “Ayala”, mon prénom n’a rien de moche, sauf pour les Francais que ZhenNiFu (Jennifou) fait toujours autant marrer…

PS: Papa, Maman, j'adoooore mon prénom. C'est juste que le jour de ma naissance, il y avait un France-Pologne à la télé et je comprends bien que vous ayez autre chose à penser qu'au choix de celui-ci! Allez sans rancune, Czeslaw et Grazyna!

   

Par Jennifer en Chine - Publié dans : Ma vie ici
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Jeudi 26 octobre 2006 4 26 /10 /2006 13:07

Mercredi, j’ai fait une journée de boulot continue. Je n’avais pas cours mercredi et jeudi matin et pour partir en week-end dès vendredi après- midi, j’ai demandé à bosser mercredi toute la journée.

Officiellement, la raison pour laquelle il n’y avait pas cours était qu’il y avait les journées du sport. “Chouette!” me disais-je. On va pouvoir s’éclater au badminton, au foot, au ping-pong…Bah non raté…

Quelques jours avant, on a appris que les épreuves étaient des courses: 100m,200m etc. Ouai bah non alors, ce sera sans moi. Dommage, parce que ça faisait bien deux semaines qu’on voyait les étudiants chinois répéter leur chorégraphie militaire…Toute la matinée, on les voyait répéter et répéter (répéter le verbe répéter, que c’est drole dis donc) leur marche sur le terrain de sport.

Apparemment, il y avait en plus de la musique le Jour J. Bref, j ai raté un bon moment de la vie d’un étudiant chinois…

Alors donc c’est pour ça que j’ai travaillé mercredi toute la journée. D’ailleurs, quand j’ai demandé à ma chef si c’était possible, je l’ai fait en chinois. J’ai cru qu’elle allait s’évanouir de stupéfaction:” Comme tu as progressé Jennifer !!!!”

Bosser toute la journée a dû être une idée à forte tension psychologique car du coup, je me suis réveillée en retard. Je me réveille, je regarde ma montre: 6h15. Mmmm…Pas cours aujourd’hui (qui commencent à 8h), je pars plus tard au boulot (où je commence à 9h, enfin je crois, je ne connais pas leurs horaires du matin), j’ai encore une bonne heure….

Je ferme les yeux, je les ouvre. Je regarde ma montre:mmm…8h17…OK…. HEIN QUOI?????? J’AI PAS ENTENDU LE REVEIL???

Il a du sonné, je l’ai éteint, et me suis rendormie…

8h17…Sachant que j’ai une demi-heure de trajet…hum!

Bah, comme ça je pérpetue les clichés sur les Francais qui sont toujours à la bourre et qui ne se lavent pas. Nan, je plaisante, j’ai pris une douche quand meme. J’aime pas les clichés.

 

A midi, pour ne pas perdre de temps dans les transports, j’avais prévu de manger dans le coin et de bosser mon chinois entre midi et deux.

Mais vers 11h45, ma chef me demande si je veux déjeuner “with us”. Ok, qui sont les autres? Des Chinois j’espère!!! Parce que moi, je veux découvrir des trucs!

Deux collègues féminines nous accompagnent donc. Ouai, c’est bien, mais moi je voulais des mâles, des vrais, qui mangent des langues de canard, des oreilles de porc etc. Tant pis, je découvrirai des petits legumes, parce que les filles, ça mange des légumes.

Tous les plats sont présentés dans une salle. Donc facile pour choisir. Je leur dis de choisir, qu’elles prennent ce qu’elles aiment, espérant qu’elles soient fans de pattes de poulet ou de cou de canard.

En faisant le tour, je remarque les pieds de cochons et une éspèce de poulpe écarlate.

Je repense aux mini-poulpes que j’ai mangé au japonais il y a quelques semaines. J’aime bien goûter les trucs bizarres. Mais alors que je m’appretais a croquer la tête, Marc m’a dit: ”T’aimes manger du cerveau toi?”.Et la, j’ai soudainement réalisé dans quoi j’allais mordre…Mais Jennifou est téméraire et je l’ai mis en entier dans la bouche pour éviter de le croquer. Mais erreur, faudra macher pour que ca passe, alors SCRONCH.

Miam! Ca croustille un peu! Et c’est vachement bon! Bah, un cerveau de poulpe, ça doit être tout petit de toute facon…

Le poisson qui baigne dans la soupe me tire de mes rêvasseries. La soupe est bonne, et le poisson est bouilli dedans. Un régal. Avec la cuillière, on essaie de choper des morceaux de poisson, un champignon et du bouillon.

Je note sur un bout de papier le nom des aliments pour chercher leur sens plus tard.

Je mangerai donc des légumes de filles: chataignes d’eau et , littéralement, des orchidées- moutarde. On dirait des asperges dures. Et des pousses de bambou- roseaux, on dirait aussi des asperges, plus proches de l’haricot vert au niveau du croquant.

De la viande aussi, des cotelettes de porc: des petits morceaux avec du croustillant autour.

Le bol de riz traditionnel.

Et un ptit dessert: des morceaux de pastèques avec des tomates.

Youmi!

Tout au long du repas, nous parlerons avec ma chef de sujets classiques à propos de la France et de la Chine. Elle est allée récemment en France et en a profité pour faire du tourisme à Paris. Le Louvre, Beaubourg, mais elle adore Orsay.

Elle me dit que beaucoup de Chinois n’aiment pas du tout la nourriture française et viennent en voyage avec des kilogs de nouilles dans leurs valises. Elle, elle aime le fromage, hollandais aussi.

On parle aussi musique et quand je lui parle d’”Hélène, je m’appelle Hélène”, elle éclate de rire. J’ai envie de lui dire: “Fais pas genre,  t’as la musique sur ton portable”. Je lui explique qu’en France, c’est la musique d’un générique d’une sitcom qui passait à la télé quand j’avais 10 ans. C’est bizarre, elle rigole moins. Oups. Elle me dit qu’une autre chanson est super connue en Chine, une histoire de papillon, d’un monsieur avec une fille. Vous voyez de quoi elle parle? Parce que moi pas.

Déjeuner bien sympa, avec des Chinoises qui poussent un soupir quand elles voient des gens gueuler dans leur portable ou parler fort tout simplement. Des Chinoises qui mettent les os dans leurs assiettes et pas sur la nappe. Et qui rotent pas à la fin du repas. Comme quoi, faut arrêter de dire que les Chinois ne savent pas se tenir. Comme dirait Didier Super: “Y eeennn a des bieeeens!”

Enfin personnellement, leurs bruits quand ils mangent, ça ne me dérange pas. Enfin, ça dépend où et quand. Le pire, c’est le matin dans le bus et qu’il y a un collé à moi et je l’entends manger son baozi sans fermer la bouche, à quelques centimètres de mon oreille…C’est vrai que là, c’est super dur, et faut vraiment se retenir pour ne pas crier: “ MAIS TU PEUX LA FERMER TA BOUCHE QUAND TU MACHES??????????!!!!!!!!!”

Alors on pense à autre chose, on se concentre sur les caractères qu’on voit dans la rue, on fait sa liste de courses, on pense au parfum Coco Chanel…

Mais les autres trucs, ça va. Regarder le chauffeur de bus se racler la gorge comme s’il y avait encore des restes de son angine d’il y a 3 ans,  en faisant appel d’air entre la gorge et le nez, et cracher par la fenêtre, ça ne me fait plus rien. J’espère juste qu’il n’y ait pas de vélo qui passe à ce moment là. Le type peut aller à l’hosto direct. C’est pour ça que tout le monde double les bus ou les taxis par la droite. La probabilité de percuter la voiture si elle tourne est moins élevée que celle de se prendre un crachat dans la figure…

Bon, j’écris des trucs comme ca, et après je me plains que personne ne vienne me voir…

 

Par Jennifer en Chine - Publié dans : Ma vie ici
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